Le Centre Technique Industriel de la Plasturgie et des Composites (IPC) et le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) viennent de créer ensemble un schéma de certification destiné aux industriels utilisateurs de plastiques recyclés.
Cette certification attestera des volumes globaux de plastique recyclé intégrés à l‘échelle d’une usine, mais également des quantités spécifiques contenues dans un produit.
« Il est essentiel que la France se dote, elle aussi, d’une certification destinée à garantir l’intégration de MPR (matière plastique de recyclage) dans les produits plastiques quelle que soit leur origine. Ceci permettra d’augmenter significativement la compétitivité des industriels de notre branche », affirme Jean Martin, délégué général de Polyvia, le syndicat professionnel français de la filière plasturgie et composites.

Attester objectivement des quantités de MPR utilisées par les industriels

L’utilisation de matières premières recyclés (MPR) est l’un des piliers de l’économie circulaire des plastiques. Elle permet une décarbonation massive de l’activité industrielle ainsi que l’évitement de l’utilisation de ressources naturelles non renouvelables. Les plasturgistes français se sont engagés à intégrer des quantités croissantes de MPR afin d’atteindre le seuil de 20% en 2025.
Attester objectivement des quantités de MPR utilisées par un industriel, que ce soit sur l’ensemble de la production ou dans des produits spécifiques, est devenu indispensable. C’est pourquoi le LNE et IPC ont décidé de s’associer afin de rédiger ensemble un référentiel de certification. Ce référentiel permettra de réaliser des évaluations objectives et indépendantes sur les sites de production au travers d’audits effectués par le LNE.
Le LNE, organisme de certification accrédité selon les normes ISO/IEC 17021 et ISO/IEC 17065 sous la tutelle du Ministère de l’économie et des finances, possède une grande expertise sur le sujet de la plasturgie. Il délivre, entre autre, des certifications de profilés PVC. De plus, il réalise de nombreux essais sur les matières plastiques, comme par exemple la caractérisation physico-chimique, la qualification du comportement mécanique ou la perméabilité aux gaz.
IPC, qui partage la même tutelle que le LNE, a initié cette démarche afin de répondre rapidement aux besoins des industriels de la profession. « C’est grâce à l’agilité de notre CTI et son réseau de 2 000 ressortissants que nous pouvons agir vite et créer ad-hoc cet outil indispensable pour accompagner les entreprises soumises aux nouvelles règlementations », précise Luc Uytterhaeghe, directeur général d’IPC.

Les fabricants de profilés PVC pourront candidater à cette certification

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de PolyCert Europe, un système d’harmonisation paneuropéen de certification d’intégration de MPR, porté par le syndicat professionnel européen des transformateurs de plastiques (EuPC). La Belgique, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne ont déjà rejoint ce programme.
Ce référentiel constitue une première étape dans une collaboration entre deux organismes complémentaires qui mettront en commun leurs compétences sur les différents domaines qui concernent la certification dans le domaine de la plasturgie. « La création de ce référentiel s’inscrit pleinement dans deux des missions majeures que nous confie le Ministère de l’économie et des finances : le soutien à l’industrie et la préservation de l’environnement », ajoute Thomas Grenon, directeur général du LNE.
« Cette certification volontaire, explique Elisabeth Charrier, déléguée générale du SNEP, s’adresse donc à tous les transformateurs de matière plastique qui intègrent du recyclé. Elle va dans le sens de la règlementation à venir, donc ce sont les fabricants de profilés PVC, quelque soient leur destination, comprenant les produits de la menuiserie, qui pourront y candidater », conclut Elisabeth Charrier.