La cession de Lapeyre se précise. Le fonds allemand Mutares a annoncé, aujourd'hui lundi 5 octobre, avoir reçu “une offre irrévocable” d’un groupe d’entrepreneurs italiens pour prendre le contrôle du spécialiste français de l’aménagement de la maison. Au-delà du changement d’actionnaire, l’opération pose surtout la question de l’avenir de l’outil industriel de Lapeyre, qui compte encore neuf sites de production en France et conserve une présence significative dans la fenêtre et la menuiserie.
Le dossier Lapeyre pourrait donc connaître son épilogue avant la fin de l’année. Le fonds allemand Mutares, propriétaire du groupe depuis son rachat à Saint-Gobain en 2021, indique avoir reçu une “offre irrévocable” portant sur une participation majoritaire. Les acquéreurs sont présentés comme un groupe d’entrepreneurs italiens comprenant notamment des membres de la famille propriétaire de Bricofer et de Conforama Italia.
Le montant proposé n’a pas été communiqué. La finalisation de l’opération est attendue au quatrième trimestre 2026.
« Nous voyons dans ce partenariat une véritable logique industrielle, avec la possibilité de tirer parti de l’expérience et des relations sectorielles en Italie des actionnaires de l’acquéreur, depuis les achats jusqu’au développement de produits, déclare Johannes Laumann, CIO de Mutares. Nous sommes convaincus que l’acquéreur est bien positionné pour accompagner Lapeyre dans sa prochaine phase de développement. En restant investis aux côtés de notre partenaire, nous accompagnerons l’acquéreur dans la transformation et la création de valeur à long terme de Lapeyre, afin d’assurer, à terme, une transmission ordonnée de l’entreprise à l’acquéreur. Par ailleurs, cette transaction constitue une nouvelle étape dans la stratégie de Mutares visant à recentrer son portefeuille sur les secteurs de la chimie, de l’énergie, des infrastructures, de la logistique et des services », conclut Johannes Laumann.

Mutares devrait rester au capital

Un élément est toutefois important : Mutares ne quitterait pas complètement Lapeyre. Le fonds prévoirait de conserver une participation minoritaire et assure qu’il continuera à contribuer au retournement de l’entreprise.
Ce schéma traduit donc davantage un passage de relais qu’une sortie totale. Pour Mutares, l’opération s'inscrit également dans une évolution de sa stratégie. Johannes Laumann, son directeur des investissements, évoque une « nouvelle étape importante » permettant au fonds de recentrer davantage son portefeuille sur la chimie, l’énergie, les infrastructures, la logistique et les services.

Neuf usines au cœur du dossier

Pour la filière menuiserie, l’enjeu essentiel se situe désormais du côté de l’appareil industriel de Lapeyre. Le groupe dispose encore de neuf sites de production en France, particularité qui distingue fortement l’enseigne de nombreux distributeurs spécialisés dans l’équipement de la maison.
Lapeyre demeure en effet à la fois distributeur et industriel, avec une activité couvrant notamment les fenêtres, portes et autres produits de menuiserie, aux côtés des cuisines, salles de bains et solutions de rangement.
C’est donc sur le devenir de cet outil de production que seront particulièrement attendus les futurs actionnaires : maintien du périmètre industriel, investissements dans les usines, modernisation des lignes, évolution des gammes et articulation entre fabrication française et approvisionnements extérieurs constituent désormais les principales questions ouvertes par l’opération.
À ce stade, Mutares n’a annoncé aucune modification du périmètre industriel ni précisé les intentions du consortium italien concernant les neuf sites français.

Un groupe de 2 000 salariés et 475 millions d’euros de chiffre d’affaires

L’enjeu est d’autant plus significatif que Lapeyre reste un acteur de poids. Le groupe compte 115 magasins en France, environ 2 000 salariés directement employés et près de 475 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Créée en 1931, l’enseigne avait intégré Saint-Gobain en 1996 avant d’être cédée à Mutares en 2021. Cinq ans après cette reprise, Lapeyre s’apprête donc à ouvrir une nouvelle séquence de son histoire.
L’arrivée d’entrepreneurs italiens issus de l’univers de la distribution pourrait désormais conduire à redéfinir l’équilibre entre le réseau commercial et l’activité industrielle du groupe. Pour la filière française de la fenêtre et de la menuiserie, la question centrale sera de savoir quelle place les nouveaux propriétaires entendent réserver à la fabrication française dans leur projet de relance de Lapeyre.