Ce mardi 18 Juin, une visite du chantier de la restauration de la Chapelle Royale du Musée de Versailles était organisée, en présence notamment Pierre-André de Chalendar, Président-directeur général de Saint-Gobain et Frédéric Didier, Architecte en chef des Monuments Historiques. Un point d’étape après 18 mois de travaux.
la Chapelle royale avait besoin d’une restauration générale. Le toit et ses parements, la statuaire, les vitraux et la charpente nécessitaient une remise en valeur globale à même de conserver son harmonie si spécifique et ainsi sauvegarder le bâtiment.
Cette entreprise considérable fait intervenir une multitude de corps de métiers et d’expertises essentiels à la conservation du patrimoine. Maîtres couvreurs, maîtres charpentiers, tailleurs de pierre, sculpteurs, maîtres verriers, vitriers, doreurs, serruriers, etc. : ils sont les mains de cette première rénovation d’ampleur de la Chapelle royale qui place au coeur du chantier les savoir-faire des métiers d’art.
Débutés en mars 2018, les travaux de restauration sont prévus jusqu’à fin 2020.

Des vitraux de la manufacture royale des glaces

Véritable particularité dans l’architecture générale du bâtiment, les fenêtres sont élancées et lumineuses à l’image de l’aspect intérieur et extérieur de la Chapelle royale. Une telle impression n’est possible que grâce à ces ouvertures constituées de glace (c’est-à-dire un verre épais, transparent, parfait sur le plan optique). C’était à l’époque un véritable luxe à l’époque.
En 1665, Louis XIV crée la Manufacture royale des glaces (devenue Saint-Gobain), qui fournira les miroirs de la galerie des Glaces et la glace des vitraux de la Chapelle royale. Avec ce chantier, Saint-Gobain renoue ainsi avec son passé.

Le monument est complètement novateur dans sa plastique, particulièrement dans sa composition intérieure. Un véritable péristyle dressé sur un étage d’arcades, contribue à l’élancement du bâtiment. Il favorise l’entrée de la lumière, qui déferle par de grands panneaux de glaces blanches, courbées et polies, sans aucun réseau de plomb ni réhaus de grisaille. Ces glaces sont encadrées de bordures plus traditionnelles montées au plomb et peintes, réhaussées d’émaux et de jaune d’argent.

Ces glaces sont encore en bon état de conservation avec seulement des altérations physicochimiques très limitées, il s’agit de simple irisation.
On retrouve en face extérieure des coulures d’eaux pluviales, accompagnées parfois de rouille. Sur les bordures, quelques cassures des verres et les plombs de casse ont été localisés dans les parties basses de l’édifice.

Malgré les différences entre les typologies de verres peints, correspondant aux interventions successives de restauration et de remplacement, le décor pictural qui enrichit les bordures des vitraux reste lisible et plutôt cohérent. Très peu d’altérations ont été observées sur les grisailles, les sanguines et les jaune argent. L’essentiel du traitement consistera donc, outre des repiquages ponctuels, en un nettoyage et un refixage des émaux, et quelques remises en plomb. La touche finale de la restauration des baies sera apportée par la dorure des armatures métalliques. Leur dorure extérieure, attestée par les documents d’archives et les représentations anciennes, sera rétablie, tandis que leur dorure intérieure sera restaurée en conservation.

Déjà la mixité des matériaux avec des châssis métalliques !

Les ossatures métalliques des vastes baies cintrées sont dotées d’ouvrants, conçues avec le même souci du détail et la même technicité que de véritables menuiseries en bois. Leur dorure intérieure et autrefois extérieure participait à l’éclat de la lumière et relayait la dorure des toitures comme du décor intérieur.

La menuiserie métallique qui fait tenir les glaces et les vitraux entre eux a nécessité un démontage complet. L’application de la dorure extérieure pour les baies de l’attique, les travaux de serrurerie et de restauration des vitraux se poursuivent sur les grandes baies des tribunes.
Pour toutes ces baies, des analyses poussées ont été effectuées sur les glaces afin de mieux distinguer les verres d’origine et ceux provenant des dernières restaurations. Ces analyses sont une aide précieuse pour les travaux et apportent également une meilleure connaissance de cet ensemble vitré exceptionnel.


Des lots qui ont été remportés par les entreprises Vitrail France (lot 7 : vitraux), Ateliers Saint Jacques (lot 8 : menuiserie – serrurerie et Atelier Gohard (lot 9 : dorure des menuiseriesNotons que cette opération de restauration patrimoniale majeure est rendue possible aujourd’hui grâce à l’engagement de ses mécènes : la Fondation Philanthropia, mécène principal de la restauration, rejoint par Saint-Gobain, Dior et JC Decaux.