
Le 13 avril 2026, Sadev a pris possession de ses nouveaux locaux à Rumilly et a changé clairement d’échelle. Avec 4 000 m² de stockage pour renforcer la disponibilité des produits, 700 m² de bureaux dédiés à la collaboration interne et 200 m² de showroom, l’entreprise ne se contente pas d’un simple déménagement. Ce nouvel outil, conçu pour fluidifier les flux et accélérer les expéditions, incarne une stratégie de montée en puissance au service des clients comme des équipes. De quoi gagner en efficacité au quotidien et accompagner la croissance.
Interview exclusive de Frédéric Fievet, directeur général de Sadev : « Nous avons clairement cherché à franchir un cap en termes de confort et d’efficacité pour nos équipes »
Verre & Protections mag : Pourquoi avoir décidé aujourd’hui d’investir dans ces nouveaux locaux à Rumilly ? Quelle était la superficie des anciens locaux ?
Frédéric Fievet : « Nous avons investi dans ces nouveaux locaux pour trois raisons principales.
La première est simple : pour continuer à nous développer, nous avons besoin de plus de place. Nous étions arrivés à un niveau de saturation qui limitait notre progression.
La deuxième raison est liée à la rationalisation de notre outil de travail, en plus de l’augmentation de sa capacité. Nous travaillions sur deux sites avec un stock délocalisé. Le fait de regrouper l’ensemble sous un même toit va nous permettre de gagner significativement en efficacité, en fluidité et en réactivité au quotidien.
La troisième raison est d’ordre humain et social. Ce nouveau bâtiment a été pensé dès le départ pour améliorer les conditions de travail : environnement qualitatif, luminosité, accès simplifié, bureaux conçus de manière ergonomique, moyens de communication interne modernes. Ce n’est pas parfait, mais nous avons clairement cherché à franchir un cap en termes de confort et d’efficacité pour nos équipes.
Nos anciens locaux représentaient environ 2 000 m² (600 + 1 400 m²) avec du stockage externalisé et un showroom d’environ 90 m²».
Y a-t-il eu des investissements en moyens de production (machines, logiciels) ?
« Oui, nous investissons fortement dans nos moyens de manutention et de stockage, avec pour objectif d’augmenter la qualité de nos services et d’améliorer encore notre gestion des flux.
Le bâtiment a été conçu pour nous permettre de répondre à l’avenir à des pics d’activité importants, tout en conservant une grande fluidité opérationnelle. Il nous donne également la capacité de proposer de nouveaux services, comme la livraison rapide au comptoir pour nos clients locaux, avec un objectif de mise à disposition en moins de 2 heures sur certaines références.
Nous faisons également évoluer nos outils de gestion pour accompagner cette montée en puissance et fiabiliser encore davantage nos opérations ».
Des embauches sont-elles prévues en parallèle ?
« Dans le développement de Sadev, il faut rappeler qu’il y a seulement 15 ans, notre effectif et notre chiffre d’affaires étaient 2,5 fois inférieurs. Les embauches suivent naturellement cette dynamique de croissance. Elles seront réalisées de manière progressive, en fonction du développement de l’activité, notamment sur les fonctions opérationnelles et commerciales ».

Frédéric Fievet : « Grâce à une gestion de stock précise et anticipée, nous allons répondre encore plus efficacement aux besoins de nos clients, sans exception, tout en sécurisant nos délais ».
Quel est le chiffre d’affaires actuel de Sadev ? Est-il en croissance ?
« Le chiffre d’affaires consolidé de Sadev est de l’ordre de 15 millions d’euros, en légère croissance par rapport à 2024. Il faut souligner que cela reste une performance solide, compte tenu de la morosité du marché du bâtiment depuis 2023, aussi bien en France qu’à l’export ».
Cet agrandissement répond-il avant tout à une croissance de l’activité ou à un besoin d’optimisation logistique ?
« Les deux sont étroitement liés, comme évoqué précédemment. La croissance impose une montée en capacité, mais sans un outil logistique adapté, cette croissance devient difficile à gérer. Ce projet répond donc à la fois à un besoin de développement et à une nécessité d’optimisation de notre organisation ».
Que va concrètement changer ce nouveau site pour vos clients et partenaires ?
« D’une manière générale, nos clients ne devraient pas percevoir de changement majeur, car nous avons déjà un niveau de service et de disponibilité élevé.
En revanche, en interne, ce nouvel outil va nous permettre de libérer des ressources, améliorer nos flux et augmenter encore notre taux de service, grâce à une meilleure adaptation de notre organisation.
Par ailleurs, notre fonctionnement va évoluer avec davantage de contacts directs avec nos clients et partenaires, notamment grâce à un comptoir dédié, un showroom structuré et l’organisation d’événements rendue possible par la configuration du bâtiment ».
Les 4 000 m² de stockage signifient-ils que vous renforcez votre stratégie de disponibilité produits ?
« Oui, clairement. Notre assise financière solide, renforcée par nos résultats et par le groupe Simonswerk, nous permet d’avoir les moyens de nos ambitions.
Grâce à une gestion de stock précise et anticipée, nous allons pouvoir répondre encore plus efficacement aux besoins de nos clients, sans exception, tout en sécurisant nos délais ».
Parlons un peu du marché : comment se porte aujourd’hui le marché des systèmes de fixation pour l’architecture du verre ?
« Le marché se comporte globalement comme l’ensemble du secteur du bâtiment : il pourrait être plus dynamique. Pour autant, nous restons l’un des acteurs de référence sur ce marché, tant en termes de chiffre d’affaires que de parts de marché. Nous restons très attentifs à l’évolution des tendances afin d’être en mesure de réagir rapidement si nécessaire ».
Quelles sont les applications qui progressent le plus ?
« Le VEA (façade) est globalement stable. Les garde-corps progressent légèrement, principalement par prise de parts de marché plutôt que par une augmentation globale du volume d’installations.
Les cloisons intérieures ne représentent plus aujourd’hui une cible stratégique pour nous ».
Quelle part représente le sur-mesure dans votre activité ?
« Le sur-mesure représente une part relativement limitée de notre activité, mais avec une forte valeur ajoutée. L’ADN de Sadev repose avant tout sur sa technicité et son bureau d’études, reconnu sur des sujets comme le verre structurel ou les garde-corps encastrés. Nous nous impliquons également de plus en plus dans des études permettant de développer des solutions liées au réemploi, qui devient un axe important ».
Quelles sont les tendances techniques actuelles ?
« Nous observons plusieurs tendances fortes : la recherche de minimalisme, le développement du réemploi et le contrôle des apports solaires, qui devient un enjeu important dans les projets ».
Voyez-vous une demande croissante pour des systèmes plus minimalistes ou structurels ?
« Oui, cette tendance est nette. Les projets recherchent à la fois discrétion visuelle et performance technique, ce qui pousse à développer des solutions de plus en plus optimisées ».
Comment travaillez-vous avec les architectes et bureaux d’études ?
« Nous cherchons à échanger directement avec eux, même si cela reste complexe car leur temps est limité et les modes de prescription évoluent. Il est donc nécessaire de travailler sur plusieurs fronts pour atteindre les bons interlocuteurs. Malgré cela, c’est toujours un réel plaisir de collaborer avec ces acteurs, qui contribuent directement à l’évolution des solutions techniques et à l’utilisation de nos systèmes ».
Du côté de l’international, quelle part représente l’export dans votre activité ?
« L’export représente environ 50 % de notre activité ».
Les attentes sont-elles différentes selon les régions du monde ?
« Les attentes de fond sont globalement similaires, mais les approches varient selon les pays. L’influence des acteurs et les priorités diffèrent également. Par exemple, l’approche environnementale est aujourd’hui plus avancée en France que dans certains marchés comme les États-Unis, où les priorités peuvent être différentes ».
Ce nouveau bâtiment marque-t-il le début d’une nouvelle phase de croissance pour Sadev ?
« Absolument. Il s’inscrit pleinement dans notre projet Sadev 2031 et constitue un élément structurant pour la suite de notre développement ».
Quels sont vos axes de développement pour les prochaines années ?
« Nos axes sont l’innovation, la capacité à développer des produits en phase avec le marché, notamment en facilitant la pose, l’éco-conception (où chaque gramme de matière compte), le renforcement des ressources commerciales terrain et digitales, le développement à l’export et le réemploi, en particulier en France ».
Quels types de projets ou de marchés souhaitez-vous développer davantage ?
« Nous souhaitons développer les marchés liés au réemploi, les projets à forte valeur ajoutée et les projets sur lesquels nous pouvons intervenir en amont, grâce à notre expertise technique ».
Propos recueillis par Quentin Gonard




