«Il y a un problème sur la fenêtre, il faut la changer » : cette phrase, en forme de constat récurrent, Matthieu Petitqueux ne souhaite plus l’entendre.
Car ce jeune entrepreneur, implanté à Montastruc-la- Conseillère (31) a de la suite dans les idées. Ancien Compagnon du devoir en carrosserie, il a travaillé huit ans chez Airbus avant de créer sa propre société de maintenance multitechnique dédiée au second œuvre. C’est dans le cadre de cette activité qu’il s’est rendu compte que les menuiseries qui présentaient le moindre défaut, suite à une effraction ou à une pose défectueuse étaient systématiquement remplacées dans leur totalité. Car jusqu’à aujourd’hui, personne n’était, selon lui, en mesure de pratiquer ce type de réparation directe- ment sur site.

Une technologie brevetée
Matthieu Petitqueux a donc créé en 2016 le Sky’InLab, un camion autonome qui est en mesure de réparer sur place 95 % des portes, fenêtres et volets en aluminium ou acier qu’on lui confie (hors vitrages et serrures). Ce véhicule, entièrement conçu par le jeune entrepreneur sur une base Renault, est composé de deux parties : un laboratoire au sein duquel les 120 pots de peinture de base reproduisent toutes les teintes, et un atelier permettant un laquage de qualité et respectueux des normes environnementales. Cette solution offre des délais quatre fois plus rapides que le remplacement des menuiseries, et surtout une baisse des coûts de 57 %. « Cela peut représenter une économie annuelle de 10 millions d’euros pour une compagnie comme Axa » estime Matthieu Petitqueux.

Une application dédiée
D’un point de vue pratique, l’entreprise n’a rien laissé au hasard en développant sa propre application mobile, la “sky’app”, qui facilite les échanges entre les différents acteurs (assureurs, experts et assurés). Celle-ci, simple et intuitive, permet en quelques clics de transmettre les photos du sinistre, diagnostiquer les dommages à distance, déclencher l’intervention des équipes sur site, consulter l’avancée du dossier en temps réel et de gérer l’ensemble de la procédure depuis son mobile.

Des fabricants intéressés
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette solution semble séduire les fabricants, qui y voient l’opportunité de suppléer leur SAV. En effet, en cas de défaut mineur lié à un problème de pose ou de fabrication, la solution Sky’In- Lab entre en jeu pour éviter de remplacer l’ensemble de la menuiserie. L’intérêt pour les fabricants-poseurs est évident ; la jeune entreprise a d’ailleurs déjà passé un accord avec La Toulousaine pour la réparation de ses portails et Matthieu Petitqueux indique « qu’un partenariat de ce type est sur les rails avec le leader français de la menuiserie aluminium ».

Une progression fulgurante avec 50 embauches planifiées
Pour l’instant, 11 camions-ateliers sillonnent 44 départements français (l’entreprise n’a que quelques mois !), et Matthieu Petitqueux annonce le chiffre de 44 camions pour fin 2017. « À terme, l’ensemble du territoire national sera couvert, y compris la Corse », indique le dirigeant. Celui- ci espère dégager un chiffre d’affaires annuel de 10 millions d’euros d’ici trois ans.
Et pour faire fonctionner ce projet, l’entreprise a besoin de personnel qualifié. Ce ne sont pas moins de 50 embauches qui sont planifiées par Matthieu Petitqueux, principalement des techniciens, mais aussi des animateurs réseau. Un projet qui semble donc être sur de bons rails, ou plutôt sur de bonnes routes...