Chaque année, la filiale française de SFS, basée à Valence (26), investit plus de 2 millions d’euros dans son outil de travail, principalement dans les machines. Ces temps-ci, le fabricant de systèmes de fixations joint l’utile à l’écologique en investissant dans des process qui vont lui permettre de réduire significativement ses factures d’énergie.
L’ usine de Valence, créée en 1976, est la première filiale historique de SFS hors de Suisse. Elle compte environ 300 salariés et regroupe une usine de production, un centre de distribution et de finition ainsi qu'une organisation commerciale. Elle fournit surmesure ou en série pour la France et toute l’Europe une vaste gamme de fixations pour les secteurs du bâtiment, de l’industrie et de la menuiserie. Leader sur le marché français, elle est le seul fabricant à produire encore des vis pour la construction dans l’Hexagone. Ce “made in France” revendiqué s’accompagne aujourd’hui d’une démarche environnementale : avec le concours des CEE* (Certificats d’économie d’énergie), SFS a récemment investi pour améliorer son efficacité industrielle et limiter le rejet global de ses émissions.

Optimisation des compresseurs

« Dans une usine de frappe à froid, l’un des plus gros postes de consommation est la compression d'air. On utilise de l’air comprimé partout, sur toutes les frappes, sur les machines de roulage, d’appointage, etc. », explique Alain Mangeard, le directeur général France Espagne et Portugal de SFS.

Alain Mangeard, le directeur général France Espagne et Portugal de SFS

Un problème qui n’est pas récent pour le dirigeant, qui livre cette anecdote : « Il y a quelques années, nous avions demandé au maire de Valence de bien vouloir faire passer une gaine sous la route se trouvant entre nos deux ateliers lorsque celle-ci serait rénovée. Une requête inhabituelle qui avait été acceptée et qui nous permet aujourd’hui de moduler l’air comprimé selon les besoins de tel ou tel atelier. Une première économie donc », se félicite Alain Mangeard qui poursuit : « Une deuxième initiative a été de remplacer nos compresseurs en fin de vie par des machines plus récentes et de différentes tailles. Elles bénéficient d’un rendement plus important et sont pilotées par un boîtier qui ajuste en permanence le besoin en air de chaque atelier, en activant ou désactivant automatiquement les compresseurs ». Une solution qui a été préconisée par la société Faure Technologies, basée elle aussi à Valence. L'énergie thermique des compresseurs est quant à elle captée et réutilisée pour le réseau d'eau chaude sanitaire de l'entreprise.

Réutiliser la chaleur produite par les machines

La prochaine étape, qui est actuellement mise en œuvre avec l’aide de la société Hervé Thermique, intervenant en conseil pour le montage du dossier puis en réalisation, est la récupération de la chaleur du bain d'arrêt de trempe lors du traitement thermique, process nécessaire pour garantir la dureté des vis, et sa réinjection dans le système de chauffage et de production d’eau chaude.
Pour cela, de nouveaux groupes froids à haut rendement ainsi que des échangeurs performants ont été installés, pour permettre de récupérer les calories émises par le four de traitement thermique.
Grâce à une forte contribution octroyée à hauteur de 70 % par les CEE, ces procédés vont permettre à SFS de baisser drastiquement sa facture de chauffage tout en étant plus vertueux au niveau environnemental.

Livraison et installation d’un nouveau groupe froid.

*Quid des CEE ?

Les CEE sont une déclinaison de la loi européenne qui prévoit une réduction de 30 % de la consommation d'énergie d'ici 2030.
Certains États membres ont décidé de mettre en place un mécanisme de certificats qui impose aux producteurs d'énergie (EDF, Total, Engie, Leclerc, etc.) d'acheter des "droits à polluer" sous forme de certificats. En France, les certificats sont ouverts aux particuliers comme aux industriels.
L'obtention des certificats est dépendante de la typologie des travaux, soumis à un listing de travaux éligibles préétabli.

Poursuite de la production pendant le confinement

L’usine de Valence ne s’est pas arrêtée pendant le confinement lié au coronavirus. « Nous devions continuer à fournir des pièces à nos clients européens qui n’avaient pas cessé leur activité et qui représentent 65 % des volumes de notre usine de Valence », commente Alain Mangeard. « Bien sûr, cela s’est fait dans le respect des règles de distanciation sociale, qui n’ont pas été difficiles à mettre en œuvre dans nos ateliers : notre usine est assez vaste, nos opérateurs sont assez éloignés les uns des autres (une centaine de personnes pour 20 000 m2 sur trois équipes et deux sites, soit environ quinze personnes par site dans le même temps), et sont amenés de par leur activité à se laver les mains plusieurs fois par jour », poursuit le dirigeant. « Nous avons aussi divisé les effectifs par deux en proposant des RTT et des jours de congé et adapté les lieux de regroupements comme la cafétéria, les machines à café ou les vestiaires ». Quant au personnel administratif, il s'est immédiatement déporté en télétravail et a continué à répondre à nos clients de façon exemplaire malgré la complexité que cela génère. Des efforts qui ont payé puisque aucun salarié n’a contracté le Covid-19 dans le cadre du travail et que tous les clients européens de SFS ont pu être livrés dans les temps.