Une centaine d’invités, clients, fournisseurs et officiels s’étaient donnés rendez-vous à Champagne-Mouton (16), en Charente limousine, sur le site industriel du fabricant d’accessoires pour menuiseries, La Croisée DS, pour l’inauguration d’une nouvelle usine de 3 500 m2 principalement destinée à accueillir son installation de thermolaquage Corelec.

Le président de l’entreprise, Serge Nicoleau, faisait d’ailleurs “coup double” ce jour-là puisque ce sont deux nouvelles usines qui étaient inaugurées : l’entreprise Plasti-Process ouvrait également les portes de son nouveau bâtiment de 4 500 m2 implanté sur le même site. Une usine spécialisée, depuis 2008, dans l'injection plastique qui emploie 20 personnes et qui a comme clients, outre La Croisée DS, les plus importants gammistes et menuisiers industriels français et européens. Cette entité indépendante assiste et accompagne ses clients de la conception à la fourniture de la pièce ou ensemble mono-matière ou bi-matière en passant par la prise en charge totale de la réalisation du moule.

Serge Nicoleau, président de La Croisée DS

Un site "zéro rejet" conçu pour améliorer productivité et qualité

« Ce projet d’implantation d’un équipement de thermolaquage a été initié il y a deux ans, explique Serge Nicoleau. Notre cahier des charges comportait trois principales exigences : la productivité, avec pour objectif de doubler notre capacité de production, la qualité par l'amélioration de nos finitions et de nos performances, et enfin nos préoccupations environnementales avec un site conçu "zéro rejet" ».

La Croisée DS, qui vient également de franchir l’étape 3 de la certification ISO 9001 de son système de management qualité, appuie depuis plusieurs années sa stratégie sur l’innovation avec un département recherche & développement de quatre ingénieurs ainsi qu’un bureau d’études lui aussi composé de quatre personnes, auxquels s’ajoute un nouveau département dédié aux menuiseries connectées. Notons que l’entreprise charentaise dépose en moyenne deux brevets par an.

« Nous nous sommes structurés pour nous donner de nouvelles capacités d'innovation face à la concurrence grandissante de produits importés à bas coûts de l’étranger, poursuit le dirigeant. Fort de notre label “Origine France garantie” nous souhaitons développer d’autres produits que ceux sur lesquels notre activité s’appuie historiquement, comme les crémones pompier ou les poignées. C’est le cas du coulissant, un produit pour lequel nous assurons à nos clients un équipement complet : chariots, fermetures, poignées, crémones, verrous, etc. ».

L’unité de thermolaquage installée dans la nouvelle usine

Cette installation, conçue par la société Corelec, aura pour principale activité la mise en couleur d’accessoires de menuiserie que La Croisée DS produit à plusieurs millions d’unités par an. Elle peut également traiter des barres, des tôles et des éléments mécanosoudés.
Avec une cadence de deux nacelles par heure pouvant porter 350 kg par nacelle, la capacité de laquage est de 60 m2/h maximum.

Précisons que la machine dispose de gammes de traitements spécifiques pour chaque matériau traité : aluminium, plastique Noryl, acier noir et galvanisé.

Les gammes de traitement de son nouvel équipement permettront à La Croisée DS d’obtenir les labels qualité Qualicoat ou Qualilaquage, Qualimarine ou Seaside AA et Qualisteelcoat.

Pour ce qui concerne la manutention, un transbordeur automatisé au niveau des fonctions de traitement de surface du four et de laquage permet de garantir le respect des cycles. De plus, une zone étendue de chargement / déchargement des nacelles permet de multiplier les postes d’accrochage et de décrochage indispensables pour tenir les cadences d’accrochage (deux nacelles par heure avec plusieurs centaines de pièces par porteur). Le traitement de surface est réalisé dans une monochambre à deux rails équipée d’un asperseur mobile. La pression d’aspersion peut être augmentée à trois bars, habituellement 1 à 1.5 bar, pour le traitement de l’acier et des pièces nécessitant un impact mécanique renforcé. Le temps de cycle d’un traitement est d’environ 25 minutes.

Le laquage est réalisé soit dans une cabine de laquage manuel, soit dans une cabine de laquage automatique équipé d’un scanner de charge et d’un cyclone de récupération de la poudre. La poudre recyclée est tamisée par ultrasons et mélangée en continu avec de la poudre neuve.

Le séchage et la cuisson des pièces sont réalisés par trois fours indépendants chauffés au gaz.

Les déchets liquides issus du traitement de surface sont envoyés sur un “évapoconcentrateur” permettant de réduire les volumes par dix. L’eau distillée est récupérée et ensuite réintégrée dans le circuit de traitement.

Quid de La Croisée DS ?

L'origine de La Croisée DS remonte, en premier lieu, à la croisée de deux destins à savoir ceux de MM. Devesnes et Siegel (dont les initiales sont à l’origine de “DS”) que leur activité de menuisiers bois a amené à créer leurs premiers accessoires pour une application propre, le basculant. C'est cette spécialisation progressive qui va les conduire, en 1950, à créer la société.

La Croisée DS sera, dans un premier temps, basée à Montrouge (92) en région parisienne. Le développement de l'offre produits et l'essor de la société l'obligeront à se déplacer successivement à Wissous en 1960 puis, pour la production, en Charente à Champagne-Mouton en 1978.

C'est en 2001, sous l'impulsion d’Antoinette Virole, alors PDG, que sera construite une nouvelle usine où toutes les activités ont été regroupées en 2004.

Aujourd’hui, La Croisée DS emploie 115 personnes.