Ludovic Deblois, président co-fondateur de Sunpartner Technologies a signé avec Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI (Banque européenne d’investissements), un contrat de financement de 15 millions d’euros. Ce prêt bénéficie de la garantie du FEIS (Fonds européen pour les investissements stratégiques). Il permettra le développement de l’entreprise sur le plan commercial et le passage à une véritable production industrielle. La croissance de Sunpartner continue à augmenter et l’entreprise va recruter 40 personnes en 2018.

70 millions d’euros levés depuis sa création
Lors de son discours Ludovic Deblois a particulièrement insisté sur l’envie de son entreprise d’innover tout en protégeant la planète et donc l’être humain. Les différents financements, aussi bien publics que privés, qu’a pu lever Sunpartner depuis sa création s’élèvent maintenant à 70 millions d’euros.
Selon Ludovic Deblois l’un des défis principaux à relever à l’heure actuelle est celui de l’énergie. Depuis la COP 21 et les accords de Paris, c’est une double révolution qui est en route : celle de la sobriété énergétique pour préserver les ressources de la planète et celle du numérique. Il est nécessaire de produire sa propre énergie de manière décentralisée au plus près des besoins et de la redistribuer si nécessaire. Le partage de l’électricité existe déjà dans certains pays, l’Allemagne compte plus de 100 000 citoyens auto-consommateurs et aux Pays-Bas une coopérative de 100 000 clients offre la possibilité d’optimiser leur production et leur consommation locales.

Un marché des “vitrages intelligents” évalué à près de 10 millions de m2
Il est nécessaire de rendre autonomes sur le plan énergétique les produits du bâtiment consommant de l’électricité. Certains menuisiers industriels tels que Sepalumic, AluK ou Wicona intègrent d’ores et déjà des vitrages photovoltaïques intelligents. Sunpartner a également signé un accord de co-entreprise avec Vinci Construction pour la production de fenêtres solaires et de murs-rideaux en verre solaire. Ces produits permettent d’intégrer aux vitrages des systèmes de variation d’opacité, des stores ou des objets connectés, le tout en les rendant autonomes en énergie.
La réglementation européenne sur les bâtiments à énergie positive est une chance à saisir. La façade vitrée ou opaque devient une source de production d’énergie et développe l’autoconsommation. Ce marché des vitrages intelligents est évalué à près de 10 millions de m2 à l’horizon 2020/2022.

Le nouveau site de production d’une capacité de 300 000 m2
Depuis 2011 Sunpartner possédait déjà une ligne industrielle de production pilote hébergée par ST Microelectronics et aujourd’hui c’est l’inauguration à Rousset (à proximité d’Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône) de sa ligne de production de vitrages photovoltaïques d’une capacité de 150 000 m2 par an. Cette capacité sera atteinte quand la ligne tournera à plein régime, 7 jours sur 7 avec une dizaine de personnes par équipe. Une capacité de 300 000 m2 est visée à l’horizon 2020.
L’ensemble de la fabrication est réalisé dans un bâtiment de 1 200 m2 entièrement en atmosphère contrôlée, dans des salles propres. Les opérateurs doivent donc enfiler des blouses, une calotte et des sur-chaussures afin d’assurer la propreté de l’air. La moindre poussière risquerait en effet de dégrader la qualité du matériau.
Le verre support est du float pouvant être trempé. Le matériau photovoltaïque (PV) est le plus souvent du CIGS (Cuivre, iridium, calium et sélénium) dont le rendement est plus régulier que celui du silicium cristallin.
Le process de fabrication est relativement complexe et délicat :
1. Transparence : d’abord un contrôle électrique de la performance du PV, ensuite une ablation laser pour le rendre transparent, puis un contrôle qualité de l’optique, de la transparence et des dimensions.
2. Découpage du verre (si nécessaire) : coupe et bordage, nettoyage et contrôle des dimensions.
3. Mise en place des connexions électriques : pose de bus sur le PV, installation de la boîte de jonction, contrôle qualité par flash test et application d’un joint périphérique de protection contre l’humidité.
4. Lamination du PV avec le verre de protection qui a été lavé et a été contrôlé puis a reçu son dessin : mise en place du film d’encapsulation, lamination des verres pour certains produits et installation des boîtes de jonction, si cela n’a pas déjà été réalisé.
5. Contrôle final de qualité par flash test puis étiquetage, emballage et expédition.
Dirigée par Frank Edmé, directeur technique de Sunpartner, cette ligne de production a nécessité l’embauche de dix personnes, dont un ingénieur, trois techniciens et six opérateurs.
L’entreprise prévoit également l’embauche de huit personnes supplémentaires courant 2018.

Trois types de produits destinés au bâtiment
1. Le Vision-Glass, à haute transparence il est particulièrement difficile de détecter sa présence sur une façade. Son taux de transparence peut varier de 20 à 70 %. Il se substitue à des stores, des volets, des rideaux ou des brise-soleil.
2. Le Design-Glass, dont le matériau photovoltaïque prend la forme d’un verre sérigraphié proposant de multiples décors pour la façade. Son taux de transparence varie de 10 à 50 %. Possédant une couleur neutre il garantit une lumière naturelle.
3. Le Cameleon est un système de parement combinant les fonctions d’isolation thermique et de production d’énergie et pouvant ainsi remplacer tous les types de façades en leur apportant un décor.