Une fois n'est pas coutume, je vais citer une des expressions favorites de ma grand-mère qui a façonné mon éducation à force de bon sens corrézien ! Elle me disait : « Ta réputation te rendra visible comme un aigle au milieu des poules ». Que voulait-elle dire ? Que simplement, par son attitude, son comportement, ses choix, son mode de vie, ses fréquentations, etc., chacun façonne la personnalité qu’il propose, tout au long de son existence, à ses contemporains.

Pourquoi cette introduction quelque peu imagée et “proustienne” ? Tout simplement parce que je voulais aborder le thème de la e-réputation dans cet éditorial. Et en y réfléchissant, je me suis dit que finalement la e-réputation n’était que de la classique réputation mais en 2.0. Et qu’il fallait peut-être désacraliser cette appellation qui ne qualifie finalement rien de bien compliqué !

Cette thématique de la e-réputation avait été abordée durant la récente convention d’un réseau à laquelle j’ai assisté. En échangeant avec les membres de ce réseau, qui participaient à cet atelier, j’ai constaté de grandes disparités dans leurs approches de la e-réputation, et, plus largement, de leur rapport à Internet. Il y a deux types d’approches qui prédominent encore trop aujourd’hui : les réfractaires et les “geeks”. Entre ces deux extrêmes, une majorité d’entreprises ne veulent pas encore entendre combien il est dommageable pour eux de se priver du levier de croissance que représente aujourd’hui le web pour leurs activités.

Il y a quelques temps, une enquête (SAS Institute-IDC) avait été menée auprès de 124 entreprises et de 800 internautes sur la e-réputation. Résultat de cette enquête : sécuriser et préserver leur image de marque était, pour 91 % des entreprises, une réelle priorité. Et en matière de réputation sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux en dehors de Google et des moteurs de recherche, près de 80 % des chefs d'entreprises interrogés estimaient qu’elle pouvait avoir un effet direct sur l’attractivité de leurs produits. Plus de 30 % d’entre eux étaient même certains que cette e-réputation pouvait avoir un impact sur leur chiffre d’affaires.

Que doit-on en conclure ? Tout simplement qu’aujourd’hui, on considère que, sur la réputation générale d’une entreprise (dont on s’accorde à penser qu’elle représente entre 50 et 80 % de sa valeur), la e-réputation occupe une place grandissante et pour tout dire... quasi-centrale.

On considère que
la réputation générale
d'une entreprise
représente entre
50 et 80 % de sa valeur

Les responsables des réseaux de nos secteurs le savent bien et la formation, autant que les outils de web-management qu’ils proposent à leurs adhérents, sont de plus en plus pointus et font l’objet d’autant d’attention que les traditionnelles formations mises à leur disposition.

Alors, je le dis à tous les réseaux et surtout à leurs membres, n’ayez pas peur de votre e-réputation, soignez-la, exactement comme vous soignez vos show-rooms, vos stands dans les salons où vous exposez, vos chantiers quand vous les achevez et les livrez. Bref, la e-réputation ce n’est finalement pas grand-chose, ce n’est pas cher, ça prend juste un petit peu de temps mais ça peut rapporter gros, très gros même, d’être considéré par ses clients... comme un aigle au milieu des poules !


Editorial de Frédéric Taddeï dans VERRE & PROTECTIONS MAG n°114 / Novembre 2019