Il y a exactement 20 ans, nous arpentions les allées d’Equipbaie 1998 avec, sous le bras, la maquette du numéro zéro de notre projet de magazine. Cette idée de lancer une revue qui parlerait de vitrage aux menuisiers, de fenêtre aux miroitiers et de protection solaire… à tout le monde, avait étonné plus d’un de nos interlocuteurs. À cette époque, les différents secteurs de l’enveloppe du bâtiment au sens large du terme, à l’image de leurs fédérations et associations professionnelles, se regardaient en chiens de faïence et pensaient que défendre leurs matériaux respectifs ne pouvait absolument pas passer par une mise en commun de leurs forces. Les choses ont aujourd’hui heureusement et logiquement changé, nous donnant, au passage, raison d’avoir proposé à nos lecteurs une revue transversale et transsectorielle et non “mono-centrée”. Notre slogan de l’époque “on ne vend pas une fenêtre sans son vitrage” prend aujourd’hui encore plus de sens !

La filière fenêtre
dans sa globalité
est désormais
capable de parler
d’une seule voix

En effet, le CITE, avec tous les bouleversements, négatifs comme positifs, que nous venons de connaître ces dernières semaines, nous a permis de constater combien l’interprofession, la filière fenêtre dans sa globalité était désormais capable de parler d’une seule voix. Finalement, le plus symbolique dans cette histoire, ce n’est pas que le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, ait ou non déposé son amendement à l’Assemblée nationale. Pour moi, la vraie victoire est de constater que toutes, je dis bien toutes, les composantes de notre filière se sont farouchement battues en faisant preuve d’une ténacité et d’une clarté très efficaces dans leurs arguments. Pour sensibiliser ministres, cabinets ministériels, élus, journalistes, influenceurs, toutes les professions du vitrage et de la fenêtre n’ont pas ménagé leurs efforts. Même face à des interlocuteurs aussi incompréhensifs et sectaires que ceux qui répétaient mécaniquement que “la paroi vitrée n’était pas efficiente”.
Et ça a payé. La plus grande et la vraie victoire est donc à voir dans la solidarité d’une filière qui, avec comme chef de file le très efficace Jacques Chanut, président de la FFB, aura vraiment fait tout ce qui pouvait être fait pour convaincre les autorités de prendre à nouveau en compte la paroi vitrée dans le CITE.
Alors que s’ouvre le salon Equipbaie, cette parabole de “toutes les voix pour une seule voie” prend encore plus de sens quand on observe comment les professions se sont impliquées dans la relance du salon, faisant, du coup, revenir bon nombre d’exposants emblématiques qui avaient déserté la Porte de Versailles.
Les professions ont donc donné de la voix, les journalistes ont joué leur rôle de porte-voix et au final… ça se voit !


Editorial de Frédéric Taddeï dans VERRE & PROTECTIONS MAG n°107 / Novembre 2018