Je ne sais pas si vous avez remarqué mais, depuis quelques temps, les opposants au matériau PVC, adoptent systématiquement le mot “plastique” lorsqu'ils veulent railler les menuiseries conçues dans le matériau qu'ils abhorrent. Je n'avais pas vraiment fait attention mais c'est arrivé insidieusement, petit à petit, au cours de conversations et de communiqués reçus.

“Plastique”... un gros mot donc, semble-t-il, pour les derniers pourfendeurs de la fenêtre PVC, derrière lesquels se cachent assez souvent des intérêts pour d'autres matériaux, rendant, il faut bien le dire leur “combat” un peu suranné et d'arrière-garde. On voit bien ce que ces “pourfendeurs du compound” voudraient nous faire avaler, ou plutôt gober : menuiserie PVC = cotons tiges = océans pollués, etc, etc.. La ficelle (en nylon) est un peu grossière. Car ce n'est pas en mettant un mot sur un produit que ce produit en devient le nom : en clair une fenêtre en aluminium ou en acier n'est pas une menuiserie en ferraille et une fenêtre en bois n'est pas une menuiserie qui déforeste l'Amazonie !
Il faudrait donc peut-être passer à autre chose, cesser de tirer contre son camp et considérer qu'aujourd'hui les différents matériaux utilisés par les menuisiers français sont tous nobles, ont tous des avantages, des points forts et des points faibles, bref, qu'aucun n'est ni plus ni moins vertueux ou plus esthétique qu'un autre.
La preuve, PVC, bois, aluminium et acier ont tant de qualités individuellement que les designers de la fenêtre s'escriment à vouloir les marier entre eux, les mélanger, les associer, pour le meilleur et certainement pas pour le pire !

PVC, bois, aluminium
et acier ont tant de
qualités individuellement
que tout le monde
cherche à les marier !

Et que l'on ne vienne pas nous mettre en avant les quelques maires qui ont banni le PVC de leurs centres historiques alors que les hideuses zones commerciales de leurs périphéries ne semblent pas froisser leurs pudeurs d'esthètes ! À chaque fois que l'on m'évoque ces arrêtés municipaux, je pense à Tryba qui avait rénové des fenêtres d'un immeuble classé dans l'Est de la France et où personne n'avait remarqué si les châssis étaient en bois, en acier, en aluminium ou... en plastique ! La rénovation était belle et tout le monde se fichait bien de savoir si les profilés avaient été extrudés, filés, rabotés ou façonnés !
Je suis d'ailleurs étonné qu'en France nous ayons encore besoin de tels débats : pourquoi ne parle-t-on pas d'une menuiserie, non pas par matière, mais par son environnement, avec son vitrage, ses accessoires, ses couleurs, ses finitions, ses capacités de connexion et... son prix ? Mais c'est bien connu : le sage montre la menuiserie et le fou regarde le matériau !
On lit dans nos magazines spécialisés, à longueur de colonnes, comment les professions redoublent d'efforts et d'initiatives pour organiser le recyclage, biosourcer leurs approvisionnements, et rendre leurs processus de production encore plus propres et économes. Et je ne parle même pas de l'apport que les propriétés thermiques des fenêtres d'aujourd'hui induisent sur les économies d’énergies !
Alors concentrons-nous sur la menuiserie elle-même, et non sur sa matière et laissons plastiques, ferrailles et bouts de bois aux ignares-grincheux en leur rappelant également, au passage, que ce ne sont pas les industriels qui jettent des plastiques à la mer mais bien ... les consommateurs ! Et que, comme disait ma grand-mère : "une belle éducation vaut mieux qu'une vilaine condamnation" !


Editorial de Frédéric Taddeï dans VERRE & PROTECTIONS MAG n°109 / Février 2019