Au travers de quatre questions simples, plusieurs personnalités dessinent pour nous, le paysage des mois à venir. Partant de leur expérience de l’arrêt brutal de leurs activités, la mise en place d’une reprise et, après le déconfinement du 11 mai dernier, le lent et vital retour à la vie d’avant… Mais en version “après”.
Ces points de vue, parfois divergents, ont toutefois un point commun : la volonté et la foi dans le retour à la croissance sans éluder, il faut le reconnaître, le véritable chemin de Damas que risque d’être le parcours de leurs entreprises dans les temps qui viennent.
Ont répondu les entreprises Atlantem, Atulam, Castes Industrie, Cetih, Concept alu, Dickson-Constant, DSI, Euradif, Fenêtréa, FPEE, France-Fermeture, Homkia, Hörmann, KE France, Lorillard, Minco, Novoferm, Profialis, Reynaers, Tryba, Veka.
Un immense merci d’avoir consacré du temps à ces interviews en pleine reprise de leurs activités.

Concrètement et techniquement, comment comptez-vous gérer les semaines qui suivent le début du “déconfinement” du 11 mai dernier ?

« Le confinement nous pendait au nez. Depuis le tout début du confinement, et même avant, nous avons préparé techniquement et commercialement le déconfinement. Techniquement, nous avons commencé par nous assurer de la mise en place de toutes les aides de l’État auprès de tous nos concessionnaires. Nous avons tout de suite sourcé des fournisseurs pour trouver tout ce qu’il fallait pour assurer techniquement la sécurité sanitaire de nos salariés pour tout le réseau ainsi que tous les clients.
Tout le réseau Homkia a été fourni de tous ces produits qui nous semblent aujourd’hui si précieux finalement !
Enfin, nous avons accompagné et transmis tous les éléments nécessaires pour que les process de reprise dans le respect des recommandations sanitaires soient mis en place dans tous les points conseil Homkia.
Nous avons tous repris nos activités le 11 mai et sommes opérationnels, prêts à servir nos clients de façon optimale ».

Qu’est-ce qui, selon vous, va être le plus complexe et également le plus aisé à réaliser, une fois l’activité remise totalement en marche ?

« Le plus complexe demeurera d’être approvisionnés dans un flux normal. Il est facile d’arrêter une usine en cinq minutes, mais pour la reprise, il y aura de l’inertie.
Donc, nous avons tous fait en sorte d’avoir du stock pour y remédier, mais cela reste notre crainte sur la productivité de nos activités.
Concernant le plus aisé à réaliser, c’est la motivation et l’envie qui nous animent de reprendre et de retrouver nos collaborateurs, collègues et clients.
Nous avons mis en place des mesures et budgets exceptionnels afin d’accompagner notre réseau pour cette reprise économique en générant un maximum de contacts entrants porteurs de projets et sommes prêts à répondre et à contenter toute demande de la part de nos clients ».

Quelles nouvelles mesures concrètes préconisez-vous pour soutenir votre secteur ?

« Je pense qu’il serait bien que les syndicats demandent que la suppression des charges sociales soit effective non pas uniquement pour les TPE mais également pour les PME, ce qui serait un bon point pour la sauvegarde de certaines entreprises qui risquent d’être en grande difficulté de trésorerie.
Également, envisager des mesures d’incitation fiscale exceptionnelles pour booster les ventes jusqu’à fin 2020. Peut-être aussi, de plus communiquer auprès du grand public sur l’intérêt de rénover son habitat, ses fenêtres.... ».

Estimez-vous que les marchés et leur fonctionnement (consommateurs, production, mode de croissance, etc…) seront différents après la crise et en quoi ?

« Même si cet épisode restera dans nos mémoires, l’être humain a une faculté d’adaptation et d’oubli dans le temps et parfois ce qui est surprenant, très vite. Nous pensons qu’il va y avoir un rattrapage dans le temps, car les consommateurs ayant été confinés chez eux se sont rendu compte qu’ils avaient des projets de rénovation à effectuer. Il va certainement y avoir de la demande.
Cependant il y a juste un facteur de risque qui pourrait freiner cela, c’est que les entreprises fragilisées par cette situation, vont nécessairement procéder à des licenciements, ce qui pourrait affecter la reprise. Il faut absolument que l’État maintienne ces entreprises pour qu’il n’y ait pas trop d’effets en cascade.
En ce qui nous concerne, nous avons compris que même dans ces périodes inédites, nous avions la capacité de maintenir une activité commerciale à distance et une certaine performance dans nos ventes, grâce notamment à notre communication et à nos actions commerciales, ce qui semblait inespéré.
Restons positifs tous ensemble et regardons le chemin devant nous, car de toute façon c’est là que nous allons ».