Au travers de quatre questions simples, plusieurs personnalités dessinent pour nous, le paysage des mois à venir. Partant de leur expérience de l’arrêt brutal de leurs activités, la mise en place d’une reprise et, après le déconfinement du 11 mai dernier, le lent et vital retour à la vie d’avant… Mais en version “après”.
Ces points de vue, parfois divergents, ont toutefois un point commun : la volonté et la foi dans le retour à la croissance sans éluder, il faut le reconnaître, le véritable chemin de Damas que risque d’être le parcours de leurs entreprises dans les temps qui viennent.
Ont répondu les entreprises Atlantem, Atulam, Castes Industrie, Cetih, Concept alu, Dickson-Constant, DSI, Euradif, Fenêtréa, FPEE, France-Fermeture, Homkia, Hörmann, KE France, Lorillard, Minco, Novoferm, Profialis, Reynaers, Tryba, Veka.
Un immense merci d’avoir consacré du temps à ces interviews en pleine reprise de leurs activités.

Concrètement et techniquement, comment comptez-vous gérer les semaines qui suivent le début du “déconfinement” du 11 mai dernier ?

« Nous avons procédé à la réouverture de notre site de Béthune le 27 avril avec des effectifs à 50 %, et une activité portée pour six semaines par notre carnet de commandes du premier trimestre. Nous allons gérer sans visibilité la suite, compte tenu de l’incertitude de l’après-déconfinement, des comportements des consommateurs ainsi que de la stratégie sans cap précis qui règne en France ».

Qu’est-ce qui, selon vous, va être le plus complexe et également le plus aisé à réaliser, une fois l’activité remise totalement en marche ?

« Le plus complexe à réaliser consistera, compte tenu du désengagement drastique des assureurs crédits, à gérer les relations clients ayant perdu, tout ou partie de leurs encours. C’est ici un levier évident, complètement éludé par nos gouvernants, et qui va accélérer encore et très rapidement les défaillances d’entreprises. Le plus aisé sera d’emmener nos équipes à la bataille, sans crainte, sans peur, et avec la plus grande détermination ».

Quelles nouvelles mesures concrètes préconisez-vous pour soutenir votre secteur ?

« Il y aurait de mon point de vue, deux leviers à actionner tout de suite. Prendre immédiatement de réelles mesures pour endiguer cette hémorragie relative aux encours clients, qui va, je le répète, condamner des milliers d’entreprises de notre secteur et créer de fortes tensions relationnelles.
Inciter fiscalement les consommateurs à isoler leurs logements entre autres, par les menuiseries (fenêtres et portes), en frappant fort, dès ce second semestre 2020 ».

Estimez-vous que les marchés et leur fonctionnement (consommateurs, production, mode de croissance, etc.) seront différents après la crise et en quoi ?

« Il y aura probablement un rapport au logement différent, après cette crise. Avoir vécu en appartement, sans terrasse ni jardin, avec le bruit des voisins omniprésents, cela devrait à mon sens générer un besoin de posséder sa maison, avec son jardin, et ainsi engendrer de la rénovation et aussi de la construction neuve : sortir de la ville.
Une attention plus forte à son logement, devrait donc se faire sentir après cet épisode de crise. Nos entreprises réviseront probablement leurs sources d’approvisionnement, les sécuriseront en les multipliant, plutôt plus proches, voire plus français ».