Au travers de quatre questions simples, plusieurs personnalités dessinent pour nous, le paysage des mois à venir. Partant de leur expérience de l’arrêt brutal de leurs activités, la mise en place d’une reprise et, après le déconfinement du 11 mai dernier, le lent et vital retour à la vie d’avant… Mais en version “après”.
Ces points de vue, parfois divergents, ont toutefois un point commun : la volonté et la foi dans le retour à la croissance sans éluder, il faut le reconnaître, le véritable chemin de Damas que risque d’être le parcours de leurs entreprises dans les temps qui viennent.
Ont répondu les entreprises Atlantem, Atulam, Castes Industrie, Cetih, Concept alu, Dickson-Constant, DSI, Euradif, Fenêtréa, FPEE, France-Fermeture, Homkia, Hörmann, KE France, Lorillard, Minco, Novoferm, Profialis, Reynaers, Tryba, Veka.
Un immense merci d’avoir consacré du temps à ces interviews en pleine reprise de leurs activités.

Concrètement et techniquement, comment comptez-vous gérer les semaines qui suivent le début du “déconfinement” du 11 mai dernier ?

« Il n’y aura pas de changement profond, il faudra continuer à vivre avec toutes les mesures mises en place avec une part de télé-travail qui restera afin d’éviter aussi de fortes concentrations dans les bureaux. Ceci apportera des opportunités aussi dans la façon de travailler ».

Qu’est-ce qui, selon vous, va être le plus complexe et également le plus aisé à réaliser, une fois l’activité remise totalement en marche ?

« Notre façon de fonctionner qui incluait de nombreux déplacements et rassemblements va être remise en cause. Certains déplacements seront évités au profit de visioconférence, les rassemblements sur le moyen terme seront aussi évités, nous inventerons chacun d’autres méthodes pour communiquer et diffuser l’information.
L’usage de la vidéo sera bien sûr plus présent.
Si les volumes reviennent, il faudra gérer une plus forte densité des personnes et ceci ne sera pas toujours facile suivant les sites ».

Quelles nouvelles mesures concrètes préconisez-vous pour soutenir votre secteur ?

« Il faut un grand plan de rénovation énergétique car nous prenons du retard par rapport aux engagements de l’État français.
Il faut débloquer des fonds qui peuvent servir dans ce sens comme la proposition faite par nos syndicats sur le déblocage de l’épargne salariale pour la rénovation énergétique. Le neuf est très important et je suis inquiet avec le report de la RE 2020 ou la diminution des ambitions sur les seuils, mais ceci va à l’encontre du monde d’après qui doit être plus décarboné. Maintenons donc toutes les ambitions pour des bâtiments et habitat plus respectueux de l’environnement ».

Estimez-vous que les marchés et leur fonctionnement (consommateurs, production, mode de croissance, etc.) seront différents après la crise et en quoi ?

« Il se dit beaucoup de choses avec des think tanks qui naissent partout, je fais partie de ceux qui sont convaincus que nos entreprises doivent intégrer l’urgence sociale et environnementale. Toutes nos usines sont en France et nous avons mis depuis longtemps la RSE au cœur de notre modèle. Les consommateurs intégreront de plus en plus une attitude responsable dans leurs achats et seront exigeants sur la transparence de l’information. Faisons attention aussi, comme on peut le voir parfois, aux affichages marketing des produits made in France alors qu’ils ne le sont pas.

La RE 2020 repoussée à… 2021 en raison de la crise sanitaire

Le gouvernement vint de décider la modification du calendrier d’élaboration et de mise en œuvre de la RE 2020 pour tenir compte de l’impact de la situation sanitaire : les concertations se poursuivront pendant l’été pour permettre à tous les acteurs concernés d’y prendre part ; la publication des textes réglementaires (décrets et arrêtés) interviendra fin 2020 ou au plus tard au tout début de l’année 2021 ; enfin, la nouvelle réglementation entrera en vigueur à l’été 2021.

À plus court terme, la phase de simulations lancée en janvier afin d’éclairer les choix des indicateurs et niveaux de performance pertinents pour la RE 2020 s’achèvera courant mai. À l’issue de ces simulations, les ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Ville et du Logement mettront leurs résultats à disposition de tous, ainsi que l’outil qui aura été utilisé pour les réaliser. La présentation des résultats lancera une nouvelle étape de concertation avant l’été 2020. Cette concertation permettra par ailleurs de poser les bases d’un label facultatif permettant de préfigurer les bâtiments exemplaires de demain.
« La crise sanitaire a rendu l’organisation des concertations et consultations plus complexes, expliquent les ministères concernés. Or, ce travail de concertation est indispensable pour fixer collectivement une ambition environnementale à la fois exigeante et soutenable dans un contexte de reprise. Dans la continuité de l’expérimentation E+C- qui préfigure la réglementation depuis 2017, l’ensemble des acteurs devra également bénéficier d’une période de plusieurs mois pour poursuivre l’appropriation des règles, entre leur officialisation et leur entrée en vigueur ».