Au travers de quatre questions simples, plusieurs personnalités dessinent pour nous, le paysage des mois à venir. Partant de leur expérience de l’arrêt brutal de leurs activités, la mise en place d’une reprise et, après le déconfinement du 11 mai dernier, le lent et vital retour à la vie d’avant… Mais en version “après”.
Ces points de vue, parfois divergents, ont toutefois un point commun : la volonté et la foi dans le retour à la croissance sans éluder, il faut le reconnaître, le véritable chemin de Damas que risque d’être le parcours de leurs entreprises dans les temps qui viennent.
Ont répondu les entreprises Atlantem, Atulam, Castes Industrie, Cetih, Concept alu, Dickson-Constant, DSI, Euradif, Fenêtréa, FPEE, France-Fermeture, Homkia, Hörmann, KE France, Lorillard, Minco, Novoferm, Profialis, Reynaers, Tryba, Veka.
Un immense merci d’avoir consacré du temps à ces interviews en pleine reprise de leurs activités.


Concrètement et techniquement, comment comptez-vous gérer les semaines qui suivent le début du “déconfinement” ?

« Notre activité, de par sa nature a été peu impactée par le confinement. Nous avons même eu l’effet de bord inverse étant donné que la grande majorité de nos clients en ont profité pour travailler sur leur outil informatique de production ! Nous allons donc maintenir le télétravail pour l’ensemble de nos collaborateurs. Le déconfinement de nos salariés ne se fera probablement pas avant le mois de juin et de manière progressive.
Notre politique étant de laisser la place à ceux qui ne peuvent pas opter pour ce type de méthode de travail ! »

Qu’est-ce qui, selon vous, va être le plus complexe et également le plus aisé à réaliser, une fois l’activité remise totalement en marche ?

« Le plus compliqué sera probablement de rétablir la confiance en la vie sociale. Une sorte de psychose s’étant installée, il me semble que plusieurs mois vont s’écouler encore avant qu’on ne se resserre la main ou se fasse la bise.
Paradoxalement je pense que le plus simple sera la reprise du travail.
Le besoin est là bien entendu, mais je pense que l’envie est forte de recommencer à faire tourner notre économie. Tous les acteurs, quels qu’ils soient, aspirent à retourner au travail. On ressent également une envie forte de soutenir notre économie et les secteurs les plus touchés par cette crise. Retourner au restaurant, aller à un concert, au théâtre vont devenir des gestes citoyen ! ».

Quelles nouvelles mesures concrètes préconisez-vous pour soutenir votre secteur ?

« Bien entendu toutes les mesures d’aides financières peuvent aider, mais il faut rétablir la confiance des consommateurs également sinon cela reviendra à mettre les entreprises sous perfusion et ce n’est pas viable, même à court terme ! Si le client final refuse de faire entrer le poseur de fenêtres ça n’a pas beaucoup de sens. Les incitants fiscaux et écologiques pourraient être revus à la hausse afin de motiver les consommateurs à changer leurs menuiseries maintenant.
Il faut également éviter l’effet “domino” que certains voudraient mettre en place en demandant les efforts financiers aux fournisseurs, aux bailleurs, etc. Bien entendu, les fournisseurs peuvent aider leurs clients, mais ils ne sont pas là pour jouer le rôle des banques et des gouvernements ».

Estimez-vous que les marchés et leur fonctionnement (consommateurs, production, mode de croissance, etc.) seront différents après la crise et en quoi ?

« Sur le court terme, ils vont être totalement différents. Cette situation est inédite. Beaucoup ont déjà commencé à réinventer leur manière de fonctionner, de communiquer et de vendre.
Quant à savoir si cela modifiera en profondeur notre manière de penser la consommation de demain, il est encore trop tôt pour le savoir, seul l’avenir nous le dira… »