Au travers de quatre questions simples, plusieurs personnalités dessinent pour nous, le paysage des mois à venir. Partant de leur expérience de l’arrêt brutal de leurs activités, la mise en place d’une reprise et, après le déconfinement du 11 mai dernier, le lent et vital retour à la vie d’avant… Mais en version “après”.
Ces points de vue, parfois divergents, ont toutefois un point commun : la volonté et la foi dans le retour à la croissance sans éluder, il faut le reconnaître, le véritable chemin de Damas que risque d’être le parcours de leurs entreprises dans les temps qui viennent.
Ont répondu les entreprises Atlantem, Atulam, Castes Industrie, Cetih, Concept alu, Dickson-Constant, DSI, Euradif, Fenêtréa, FPEE, France-Fermeture, Homkia, Hörmann, KE France, Lorillard, Minco, Novoferm, Profialis, Reynaers, Tryba, Veka.
Un immense merci d’avoir consacré du temps à ces interviews en pleine reprise de leurs activités.

Concrètement et techniquement, comment comptez-vous gérer les semaines qui suivent le début du “déconfinement” du 11 mai dernier ?

« France fermetures a repris son activité dès le 27 avril 2020 grâce à la mise en place d’un protocole de sécurité pour la protection de ses salariés, validé par les partenaires sociaux, les médecins du travail et les représentants de l’État. Elle a investi “quoiqu’il en coûte” dans l’adaptation des process en usine et la réorganisation des bureaux, remis à chaque salarié un kit individuel de protection : deux masques individuels par salarié et par jour, quatre masques tissus, une visière sur casquette, spray et gel hydroalcoolique, lingettes, gants, mouchoirs, combinaisons…
Nous avons mis en place des commissions de suivi hebdomadaires pour faire évoluer ce protocole afin de garantir la sécurité du personnel et prendre en compte les mesures gouvernementales.
Un plan d’actions marketing et commercial a été lancé pour renforcer le dialogue avec nos clients et pouvoir leur offrir le service attendu.
Une vigilance toute particulière est faite sur le recouvrement des factures, le règlement de nos fournisseurs et le maintien de l’approvisionnement des composants pour ne pas rompre la chaîne de production ».

Nous souhaitons rapidement retrouver
l’enthousiasme et l’ambiance de travail qui
régnaient avant la crise du Covid-19, dans ce contexte
qui est désormais très différent, c’est grâce à
l’implication et au civisme de chacun que nous
y parviendrons !

Qu’est-ce qui, selon vous, va être le plus complexe et également le plus aisé à réaliser, une fois l’activité remise totalement en marche ?

« La complexité va résider dans les nombreux paramètres à concilier pour assurer la satisfaction de nos clients, la bonne santé de l’entreprise et surtout la sécurité de nos collaborateurs. Il va falloir maintenir dans le temps et pour une durée indéterminée les protocoles de sécurité mis en place afin de garantir à l’ensemble des salariés des conditions de travail sûres et sereines.
Nous souhaitons rapidement retrouver l’enthousiasme et l’ambiance de travail qui régnaient avant la crise du Covid-19, dans ce contexte qui est désormais très différent, c’est grâce à l’implication et au civisme de chacun que nous y parviendrons !
D’autre part, il nous faut redémarrer une entreprise qui s’est arrêtée pendant 7 semaines, chaque site de production doit reprendre son activité en considérant nos contraintes internes, mais également en tenant compte de l’organisation de nos clients qui a également évolué.
Nous espérons rapidement retrouver un flux de commandes qui nous permette de maintenir une activité normale afin de ne pas devoir recourir à une nouvelle période de chômage partiel.
Les résultats du 2e trimestre ont été très impactés par la période de confinement, nous devons désormais reprendre et replanifier chaque projet, veiller à la bonne santé économique de l’entreprise et maintenir un niveau de trésorerie positif.
France Fermetures avait une très bonne vision des projets à court, moyen et long terme qu’elle souhaitait mettre en place, notre trame de développement est écrite, nous lui apporterons quelques adaptations mais reprendrons nos axes stratégiques pour réussir l’année 2020 avec l’implication de tous nos salariés ! ».

Quelles nouvelles mesures concrètes préconisez-vous pour soutenir votre secteur ?

« L’État ne doit pas subventionner notre activité ».

Estimez-vous que les marchés et leur fonctionnement (consommateurs, production, mode de croissance, etc.) seront différents après la crise et en quoi ?

« C’est à l’heure actuelle la grande inconnue, le comportement des consommateurs risque de changer, mais dans quel sens ? Ceux-ci vont peut-être différer ou annuler certains investissements qui étaient prévus cette année par crainte d’une crise économique à venir, ou alors bien au contraire investir dans une valeur sûre qui est leur habitat ?
Allons-nous avoir une activité 2020 en L et U en V en W ; aujourd’hui, nous envisageons le scénario d’une reprise en U, avec un deuxième trimestre compliqué et une reprise normale en septembre. Malheureusement, malgré ce retour à la normale envisagé pour la rentrée, nous craignons qu’il ne suffise pas à rattraper, cette année, les pertes survenues depuis le 17 mars ».