Au travers de quatre questions simples, plusieurs personnalités dessinent pour nous, le paysage des mois à venir. Partant de leur expérience de l’arrêt brutal de leurs activités, la mise en place d’une reprise et, après le déconfinement du 11 mai dernier, le lent et vital retour à la vie d’avant… Mais en version “après”.
Ces points de vue, parfois divergents, ont toutefois un point commun : la volonté et la foi dans le retour à la croissance sans éluder, il faut le reconnaître, le véritable chemin de Damas que risque d’être le parcours de leurs entreprises dans les temps qui viennent.
Ont répondu les entreprises Atlantem, Atulam, Castes Industrie, Cetih, Concept alu, Dickson-Constant, DSI, Euradif, Fenêtréa, FPEE, France-Fermeture, Homkia, Hörmann, KE France, Lorillard, Minco, Novoferm, Profialis, Reynaers, Tryba, Veka.
Un immense merci d’avoir consacré du temps à ces interviews en pleine reprise de leurs activités.

Concrètement et techniquement, comment comptez-vous gérer les semaines qui suivent le début du “déconfinement” du 11 mai dernier ?

« L’entreprise Castes Industrie a rouvert et mis en place des mesures sanitaires strictes dès le 20 avril dernier en mode “dégradé” suite à une longue préparation. Le 4 mai, notre usine a repris son activité à 100 %.
Depuis le 11 mai et suite au déconfinement nous continuons et maintenons ce niveau de productivité. Pour cela, de nombreuses mesures ont été prises, et nous continuerons à les appliquer. L’entreprise fournit bien sûr les équipements indispensables comme des gants, des masques, du gel hydroalcoolique. De nouvelles façons de penser et de s’organiser doivent aussi être appliquées par tous. Les salles de pause, les réfectoires ont évidemment été fermés provisoirement pour éviter les croisements.
Les entrées dans les bâtiments se font individuellement en respectant une large distance de sécurité. Les horaires ont été aménagés pour éviter les pauses en commun et tous les postes de travail et équipements sont désinfectés après chaque utilisation.
Côté administratif, toutes les personnes pouvant faire du télétravail travaillent à distance, afin de réduire un maximum le nombre de personnes présentes en même temps dans les bureaux, et nous maintiendrons cette décision. Depuis le 11 mai on a continué en étant vigilant sur le respect des règles dans le temps ».

Qu’est-ce qui, selon vous, va être le plus complexe et également le plus aisé à réaliser, une fois l’activité remise totalement en marche ?

« Pour nous, l’objectif est d’apprendre à vivre et travailler avec ce virus, dans ces conditions au cas où nous resterions encore longtemps dans cette situation. Tout a été mis en place de façon durable et les mentalités se sont adaptées. Il faut donc que tout cela continue pour une durée indéterminée. Nous pensons que la grande majorité des gens qui travaillent dans notre entreprise et dans les Boutiques au contact du client, est consciente de la crise que nous traversons. Chacun de nous mettra tout en œuvre pour maintenir ces exigences.
Notre métier a une inertie et nous craignons également de voir apparaître les conséquences de cette crise au-delà du mois de septembre. Un dernier point qui nous semble très complexe. Personne ne peut dire ce qu’il va se passer dans le futur, quelle situation économique va traverser la France suite à cette crise sanitaire. Le manque de vision et l’inconnu pour tout le secteur rendent les choses beaucoup plus complexes à appréhender et à se projeter dans nos futurs projets ».

Quelles nouvelles mesures concrètes préconisez-vous pour soutenir votre secteur ?

« Remettre en place le CITE et favoriser le “Fabriqué en France” ».

Estimez-vous que les marchés et leur fonctionnement (consommateurs, production, mode de croissance, etc.) seront différents après la crise et en quoi ?

« Nous pensons à court terme que les consommateurs auront besoin d’être rassuré et protégé. Voilà une première grosse différence. De plus, l’outil digital existant va être développé et amélioré. L’homme oublie vite, quel sera l’avenir, la question reste entière ».