Olivier Schevin, co-fondateur et directeur technique de DeNoize, explique : « Nous générons dans la fenêtre une contre-vibration adaptée à la vibration de la nuisance extérieure. Le système produit une vibration opposée à celle de la nuisance, créant une interférence destructive. Les vibrations “s’annulent” et peuvent, réduire jusqu’à 75 % du bruit transmis dans les basses fréquences ».

La start-up DeNoize, incubée sur le campus Georges Charpak Provence de l’École des Mines de Saint‐Étienne était présente au CES au sein de la délégation IMT. Sa technologie exploite le principe de la réduction active du bruit, en utilisant le vitrage lui-même pour produire le contre‐bruit, à l’aide d’actionneurs et de capteurs intégrés dans le cadre de la fenêtre.
Cette technologie permet, selon ses initiateurs, de réduire jusqu’à 90 % du bruit transmis dans les basses fréquences.
La start-up existe depuis 18 mois et se partage entre deux sites, l’un à Rotterdam aux Pays-Bas et le second à Gardanne (13) sur le site de l’IMT.
Pour Olivier Schevin, co-fondateur et directeur technique, qui présentait DeNoize sur un stand dans l’espace Eureka du CES, le principe de fonctionnement de DeNoize consiste à utiliser le son contre lui-même, une réduction active du bruit. « Nous générons dans la fenêtre une contre-vibration adaptée à la vibration de la nuisance extérieure, explique-t-il. Le système produit une vibration opposée à celle de la nuisance, créant une interférence destructive. Les vibrations “s’annulent” et peuvent, réduire jusqu’à 75 % du bruit transmis dans les basses fréquences ».

Des capteurs analysent le bruit extérieur en temps réel et s’y adaptent

Cette technologie est un peu similaire à celle des casques antibruit, à la différence que pour les casques, la zone est toute petite et proche de l’oreille. Le système développé par DeNoize utilise des capteurs analysant en temps réel le bruit extérieur et s’y adapte.
Des “actionneurs”, installés en périphérie du vitrage et invisibles pour l’utilisateur puisque insérés dans le cadre, produisent une contre-vibration interférant avec la nuisance sonore d’origine. Le tout est géré par une unité de contrôle, une carte électronique en charge de déterminer les actions les plus efficaces des capteurs et actionneurs. « Cela implique alors une connexion électrique à proximité pour fournir de l’énergie au système comme pour les volets roulants », précise Olivier Schevin. Le contrôleur embarque un algorithme qui est chargé de déterminer en temps réel le signal optimal envoyé aux actionneurs.
Cet échange entre les actionneurs, les capteurs et l’unité de contrôle, offre la possibilité d’une réduction sur mesure et en temps réel, adaptée aux variations extérieures.
« Aujourd’hui, nous avons un prototype fonctionnel, précise Olivier Schevin, mais le système ne calcule pas encore en temps réel. Pour ce faire, une phase de développement est encore à venir au niveau de l’électronique ». DeNoize a en effet lancé son projet industriel avec les étudiants de Mines Saint-Étienne pour développer un premier démonstrateur en temps réel mais il manque, pour l’instant, l’électronique. La partie de contrôle, étant réalisée aujourd’hui avec des équipements de laboratoire, n’est pas intégrable aux cadres de fenêtres.
Notons que parmi les partenaires du projet figurent Pilkington et les entreprises hollandaises Alkondor et Physee.