G. Martin, fabricant de menuiseries extérieures haut de gamme dédiées aux professionnels, dispose d’une usine de 5 000 m2 à Bouillé-Loretz (79). Il emploie actuellement 33 salariés, dont cinq commerciaux, pour un chiffre d’affaires d’environ 4,5 millions d’euros.

G.Martin a été créée en 1946 par Gilbert Martin. Si à l’origine, les premiers produits étaient des produits de fermeture en bois, la société se tourne dans les années 70 vers le PVC, et au début des années 80 vers la fabrication de menuiserie (d’abord en PVC puis en alu), qui représente aujourd’hui l’essentiel de l’activité.

La société a été reprise par Dominique Mingret en 1988, qui poursuit son développement, puis par Pierre-François Mingret en 2014. Ce dernier est ingénieur automobile de formation. Plutôt destiné à une carrière dans l’industrie automobile, il choisit de s’investir dans l’entreprise familiale, soucieux d’assurer sa pérennité, son développement, et ses emplois locaux. Attaché à une production française de qualité, il oriente progressivement l’entreprise vers le haut de gamme depuis son arrivée dans l’entreprise.

Lancé en septembre 2018, le réseau signe un premier adhérent en octobre

G.Martin a donc aujourd’hui décidé de lancer son propre réseau de distribution pour développer ses ventes. « Le réseau Créabaie répond à une stratégie de développement sur un autre canal de vente, explique Pierre-François Mingret. Aujourd’hui, le marché de la fenêtre repose sur cinq secteurs : vente en ligne, artisans, réseau avec enseignes, négoce matériaux, et fabricants poseurs. Nous sommes historiquement présents sur le marché des artisans, et souhaitons donc y ajouter la dimension “réseaux”. »

Notons que la marque Créabaie a été créée il y a dix ans, dans cet objectif, « mais il a fallu auparavant remettre la société à niveau pour ce canal de distribution (montée en qualité, augmentation de la profondeur de gamme, réflexion sur la démarche commerciale) », précise le digeant.

Le premier franchisé a démarré son activité en octobre dernier. Il s’agit de l’enseigne Clan’s ouvertures, basée à Aoste (38) et dirigée par Steve Regola. Une zone géographique assez lointaine du siège de G.Martin, ce qui évite de concurrencer ses propres clients.

Clan’s ouverture, basée à Aoste (38), est le premier franchisé Créabaie.

« Nos clients actuels sont des artisans indépendants, souvent d’anciens poseurs qui se sont mis à leur compte et qui ne disposent pour la plupart ni de magasin, ni de chargé d’affaires. Certains nous sont fidèles, d’autres plus versatiles. Créabaie va nous permettre de bénéficier d’un canal de distribution dédié, avec des magasins qui font plus de chiffre, et surtout des ventes à plus forte valeur ajoutée », explique Pierre-François Mingret. Nous avons tout de suite vu l’impact que peut apporter un vrai vendeur : Steve Regola a déjà vendu certains de nos produits sur trois ou quatre chantiers, alors qu’ils ne l’avaient jamais été jusqu’ici ! ».

Deux ou trois nouveaux magasins par an

Pour l’instant, c’est Sébastien Morin, le responsable des ventes de G.Martin, qui gère le développement du réseau. Des conseils en agencement sont apportés aux nouveaux franchisés ainsi que des aides à la communication (flocages, posters, affichages publicitaires dans les secteurs concernés), et de la publicité ciblée sur les réseaux sociaux. De plus, une future convention annuelle devrait être bientôt organisée, probablement fin 2019 selon Créabaie.

« Nous n’avons pas l’ambition d’un gros acteur », poursuit Pierre-François Mingret. Nous misons sur les notions de qualité et de flexibilité. Nous allons ainsi avancer à notre rythme et tablons sur deux ou trois ouvertures par an et nous visons à très long terme trois à quatre magasin par département ».

La typologie des futurs adhérents du réseau, qui seront des “Pro-Créabaie” peut se résumer à des sociétés ayant pignon sur rue, avec une surface de vente d’au moins 30 m2, plutôt dans des villes « petites/moyennes » (10 à 40 000 habitants), avec environ 70 à 100 000 habitants dans un rayon de 25 km. L’adhérent doit disposer d’une force de vente et de son personnel de pose. Il doit être attiré par la vente de produits haut de gamme, français, et de qualité. Il doit être qualifié RGE ou autre qualification professionnelle équivalente.

Précisons que le contrat proposé par Créabaie est une concession de marque, en contrat loi Doubin, d’une durée de trois ans. Côté volume d’achat, les adhérents doivent réaliser 75 % de leurs achats auprès de G. Martin. Les 25 % restants pouvant, à loisir, être effectués chez des fournisseurs tiers (agréés par Créabaie) ou des partenaires Créabaie.

Des gammes Askey et Alphacan

G.Martin fournit toutes sortes de fermetures pour le bâtiment, mais son cœur de marché est la menuiserie orientée haut de gamme, pour 90 % de son chiffre d’affaires. En aluminium, G.Martin fait confiance à Wicona et sa gamme Askey. Et travaille avec Alphacan en ce qui concerne le PVC et le mixte. « Les deux dernières années ont été un peu compliquées pour Alphacan, avec un plan social et une réorganisation logistique, mais les choses sont rentrées dans l’ordre à présent », assure le dirigeant, qui loue la qualité des gammes du fabricant, comme la fenêtre mixte Arborescia : « Cette gamme est assez bluffante et réalise des prouesses visuelles avec son plaquage bois sur PVC. La difficulté est de parvenir à souder sans brûler le bois, avec une finition des angles parfaite, ce que permet la soudeuse SL4- FF de Graf Synergy, dans laquelle nous avons investi avec bonheur », se félicite Pierre-François Mingret.

Investissements dans l’aluminium

G.Martin s’attache ainsi à rester à la pointe de la technologie. Elle a investi environ 2,5 millions d’euros ces dernières années dans des machines. Pierre-François Mingret a déjà pris contact avec les principaux fabricants pour s’offrir dans un futur proche un centre de débit et d’usinage pour l’aluminium, qui « améliorera la cadence ainsi que la précision de l’usinage et nous fera gagner de la place ». « Investir dans l’aluminium est dans l’ordre des choses actuelles, » selon le PDG : « Au plan national, l’aluminium est passé premier en termes de valeur en France, mais pas en termes de volumes, et c’est ce que nous remarquons aussi à notre échelle ». « Le PVC souffre selon moi d’une guerre des prix qui a dévalorisé le produit, ce qui est dommage car on peut faire de très belles choses avec ce matériau, avec ses nombreuses finitions et sa bonne isolation thermique », poursuit-il. « Il y a un vrai déficit d’image à corriger », selon Pierre-François Mingret. « Le public a l’impression que ce n’est pas bon, donc il a tendance à ne pas le demander et les professionnels à ne pas le proposer. Il y a des efforts de communication à faire en ce sens », assure-t-il.

Une production 100 % française

Pierre-François Mingret attache une grande importance au “Made in France” : « Pour des raisons historiques, nous avons quelques fournisseurs européens, comme l’Autrichien Maco pour la quincaillerie ou Becker pour les moteurs de volets roulants, mais la grande majorité est française. Même la gamme Askey de l’Allemand Wicona est conçue, fabriquée et laquée en France. Pour le vitrage, G.Martin se fournit exclusivement chez Soveriso. Nous sommes soucieux de cet aspect, qui participe à la qualité de nos produits », conclut le dirigeant.
Une production française de qualité, un outil industriel moderne et fiable, une entreprise disponible et à taille humaine, autant d’ingrédients qui devraient assurer le succès du jeune réseau Créabaie et... de ses “Pros-Créabaie”.