Boschat-Laveix est un fournisseur français de ferrures de fenêtres et de serrures de portes auprès des industriels de la menuiserie, mais aussi un concepteur, intégrateur et logisticien. Avec un siège social à Lamballe (22), une plate-forme logistique au Mans (72), 13 agences en France et une en Allemagne, l'entreprise vise de nouveaux développements, à la fois géographiques et techniques.

Une division pour les fabricants

L'organisation de l'entreprise est conçue en trois pôles, selon sa clientèle : fabricants de menuiseries, chantiers, artisans-poseurs. La division Fabricants de menuiserie est dédiée à la vente de ferrures de fenêtres et de serrures aux fabricants de menuiseries. Cette division représente 60 % de l'activité de l'entreprise. Elle gère également deux bureaux d'études, l'un à Cholet (49) pour les grilles de ventilation, aérateurs et poignées de tirage, et l'autre à Rennes (35) pour les cylindres mécaniques ou électroniques (organigrammes). De plus, Boschat-Laveix propose un service de paramétrage de logiciels métiers pour les ferrures, en cas de changement de fournisseur. Ce service permet d'intégrer des composants dans les logiciels pour préparer les centres d'usinage au changement de quincailleries et de ferrures (logiciels concernés : Proges, Chacal, Easy Win, Win-Pro,...) L'entreprise propose également des prestations personnalisées, comme des colis spécifiques regroupant les produits d'un même étage pour un chantier : la limitation des stockages sur place limite les vols sur chantier.
La division Chantier est dédiée aux appels d'offres : sa force commerciale est à forte valeur ajoutée technique. Elle aide les clients à répondre aux lots techniques (ex : châssis de désenfumage, portes automatiques, interphonie, cylindres électroniques...) : elle sait détecter les incompatibilités entre les exigences différentes, par exemple entre des portes coupe-feu et leurs ferrures. Une structure interne de fourniture et pose, basée à Nantes, permet de monter certains produits en Bretagne, Pays de Loire, Normandie (par exemple, les châssis de désenfumage peuvent être posés par les clients, et leur asservissement réalisé par Boschat-Laveix).
Enfin, la division pour les Artisans poseurs est dédiée aux poseurs de fenêtres fabriquées par les industriels, qui ont besoin d'autres produits (outillage à main, vis, chevilles,...). Il s'agit souvent de commandes rapides et récurrentes.
Les commandes peuvent être passées par internet : des échanges de données informatisées (EDI) sont développés avec certains clients équipés. Mais une interface permet de passer les commandes par Internet grâce à l'accès Négos : cela évite une ressaisie des commandes, et peut inclure des paniers-types avec des produits récurrents qui sont commandés tous les mois (silicone, vis, chevilles, etc.). Le même soin est apporté aux livraisons, quel que soit le client, pour qu'il soit livré rapidement avec une commande complète. Les clients recherchent de la compétence chez leur fournisseur et des formations aux commerciaux sont proposées, chez eux ou chez le fournisseur, pour que les nouveaux commerciaux connaissent ce qu'ils vendent.

Plate-forme de 18 000 m2

Dans la Sarthe, Boschat-Laveix dispose d'une plateforme logistique centralisée de 18 000 m2 dont 10 000 m2 mécanisés, située à Arnage (72). Acquise en 2005, elle a été dotée d'une chaîne mécanisée de 2 000 m2, qui a été multipliée par cinq en 2016. Elle a été conçue pour faire face aux variations du volume des commandes, qui peuvent aller de 1500 à 3500 lignes de commande par jour selon les moments. En effet, la saisonnalité est forte, avec une baisse des poses de menuiseries en hiver, selon la lumière du jour.

Les cartons qui descendent sur le convoyeur

Christophe Boschat, président de l'entreprise, précise : « La dernière phase de mécanisation a représenté un investissement de 1,5 million d’euros, pour un investissement total de 2,2 millions d’euros. Elle a permis de raccourcir les délais et d'absorber les variations de commandes avec la même équipe, sans perdre de temps à former des intérimaires. Elle assure des flux réguliers, puisque 80 % du flux est réalisé avec 20 % des références ».
Le groupe fournit plus de 40 000 références différentes et 12 000 références sont stockées sur la plateforme (Maco, Roto, Winkhaus, Dr Hahn,...)
À l'entrée de l'usine, les produits sont organisés selon deux modes de stockage : pour les produits longs et volumineux d'une part, pour les produits légers d'autre part.
Le code-barres sur l'emballage donne l'emplacement où déposer le produit pour son stockage. Yves Mouillé, responsable logistique de la plate-forme, précise : « Dès que le produit est placé sur son rayonnage, il devient disponible à la vente. Ainsi, les encours de réception sont les plus faibles possible : les produits doivent être rangés rapidement pour devenir disponibles pour les clients. »
L'entreprise est gérée par flux séparés pour limiter les déplacements, et éviter les croisements. Il existe ainsi six flux différents :

    • 1er flux : produits mécanisables (de longueur inférieure à 80 cm) ;
    • 2e flux : produits non mécanisables (de longueur supérieure à 80 cm, traités par un opérateur de commande) ;
    • 3e flux : hors gabarit (ex : échelles et produits très lourds) ;
    • 4e flux : grandes longueurs supérieures à 6 m (barres de seuil,...) : les livraisons sont préparées en fagots ou emballées dans des cornières ;
    • 5e flux pour des produits mixtes (destinés aux artisans poseurs) de petites quantités ;
    • 6e flux : contremarques (produits rares).

Vue générale du système

Le flux mécanisé

La logistique mécanisée, conçue par l'entreprise Savoye, permet de préparer les commandes à l'aide d'un système global. Lors de la préparation d'une commande, le système choisit le format de l’emballage pour la livraison : il y a cinq formats, du carton à l'enveloppe. Patrick Boschat précise : « Le système choisit aussi le transporteur (3 messagers différents), selon les prix et l'efficacité du transporteur sur la zone de destination. » De plus, deux types de préparation de commandes existent : par cartons classiques, ou par regroupements, et il y a donc plusieurs flux sur le convoyeur.
Le carton d'emballage vide est déposé sur le convoyeur mécanisé, et est tracé dans l'entreprise par son code-barres, qui indique le destinataire du colis, mais, surtout, sa composition : les objets sont déposés au fur et à mesure dans le carton. Les transporteurs à rouleaux déplacent le carton dans l'entreprise, et sont équipés de “gares” pour stopper chaque carton là où il doit recevoir un produit : il y a quatre lignes de convoyage et 23 gares au niveau de l'entrepôt, et 4 gares en mezzanine.
La quatrième ligne de convoyage comprend un contrôle pondéral : si un colis est trop lourd ou trop léger de 3 %, le carton est éjecté de la ligne pour un contrôle manuel complet. En effet, les produits sont codifiés dans le système, en poids et en volume.
Une commande peut comprendre plusieurs cartons, et les premiers cartons prêts tournent en carrousel jusqu'à ce que le dernier colis soit préparé.
Lors de la fermeture du carton, son bon de livraison est glissé à l'intérieur. Les palettes complètes sont emballées par un film. Les codes sont envoyés par EDI (échange de données informatisées) chez le transporteur.

Les autres flux

Les ferrures (2,40 ou 2,80 m de long) sont placées au fond des cartons.
Pour les produits longs, jusqu'à 5 m, la préparation de commande est réalisée par un opérateur équipé d'un préparateur de commande motorisé à cabine embarquée : c'est lui qui se déplace, pas les cartons. Il va ainsi chercher les produits dans les rayonnages, jusqu'à 5 m de hauteur.
Lors de leurs déplacements dans l'usine, les engins émettent un rayon bleu qui s'étend à 4 m devant et derrière l'engin, pour sécuriser les piétons : ils doivent s'arrêter quand ils voient le rayon bleu au sol. Certains produits sont fragiles, comme le silicone, et doivent être gardés peu de temps : leur stockage est organisé par “premier entré, premier sorti”. Les produits sont stockés sur des supports dynamiques inclinés, dotés de roulettes : ils sont stockés en haut de la pente, et repris en bas. Leur déplacement est géré par gravité simple, sans informatique.
Tous les déchets sont triés et recyclés : l'entreprise revend quatre tonnes de cartons par mois.
Il est aussi possible de livrer certaines ferrures sur chariot, sans emballage. Il s'agit d'une prestation en plus pour les clients : elle les débarrasse du problème des emballages superflus. Les chariots vides sont ramenés par le transporteur.
Patrick Boschart conclut : « Il y a seulement 0,05 % d'erreurs de préparation par an. »

Vers un nouveau siège social

Le groupe comprend 15 implantations, dont 13 agences, une plate-forme logistique, et une filiale BEG en Allemagne, pour un chiffre d'affaires consolidé 2018 de 72 millions d’euros. Boschat-Laveix sert plus de 10 000 clients, avec 700 fournisseurs. Il est membre du groupement d'achat “Equip” pour les quincailleries du bâtiment.
Le groupe emploie 250 salariés dont 100 commerciaux (50 sédentaires et 50 itinérants), 30 personnes au siège de Lamballe, cinq à six personnes par agence, 30 personnes à Arnage, et 20 personnes en Allemagne. Les agences gèrent 10 % du chiffre d'affaires et servent les clients au comptoir, par un enlèvement sur place. Les 13 agences en France sont bien implantées dans le Nord, l'Ouest et l'Est de l'Hexagone, mais, précise Christophe Boschat, « une implantation dans le Sud est envisagée ».
Il ajoute : « Le siège de Lamballe sera à rénover en 2020 ou 2021, avec une restructuration complète du bâtiment, qui a abrité une plate-forme logistique et conserve de l'espace disponible pour de nouveaux bureaux, des salles de réunion et la création d'un magasin. »
Parmi les autres projets du groupe figure le changement d'ERP en 2020 : « ce sera un système de Microsoft, AX Dynamics 365, qui représentera un nouvel investissement de 1,5 million d’euros avec ses serveurs », indique Christophe Boschat. Par ailleurs, il envisage le recrutement de commerciaux, ainsi que le développement de nouvelles gammes de produits (portes métalliques vitrées en acier tubulaire, portes coulissantes,...) pour une offre de plus en plus complète, ainsi que des produits sur mesure.
L'objectif est d'offrir des solutions clé en mains à leurs clients et d'accompagner les nouvelles mutations (fenêtres connectées). Patrick Boschat précise : « La “maison connectée” fait bouger les choses, même s'il y a encore peu de volume sur ce marché ».

Préparateur de commandes pour chercher les produits jusqu'à 5m du sol