Le fabricant brestois de menuiseries alu et PVC et de portes d’entrée se démarque par une automatisation poussée de son outil productif et un management atypique. L’une de ses dernières acquisitions, signée Soenen, est un centre de débit, usinage et tri ayant la particularité de travailler aussi bien le PVC que l’aluminium.

Automatiser pour produire plus et de meilleure qualité

Le centre mixte de débit, usinage et tri, mis en service en mars dernier, et le centre de pose et de vissage des gâches, en fonction depuis cet été, sont les derniers arrivés des équipements Soenen à l’usine d’Armen. Le fabricant de machines belge équipe l’intégralité de l’usine depuis sa création (hormis les robots). « Peu de nos clients français ont atteint ce degré d’automatisation en France », souligne Jean-Marc Ramadier, chargé d’affaires de Soenen dans l’Hexagone, qui précise que la PME est très performante en termes de ratio personnel-nombre de menuiseries produites.

Investir pour s’adapter en permanence

Un équipement performant et innovant, qui permet d’apporter de la valeur ajoutée aux produits, voilà le credo de Pascal Beyou, dirigeant d’Armen industrie. « Depuis un ou deux ans, on produit moins, mais nos produits ont une plus forte valeur ajoutée », précise le discret fondateur d’Armen industrie, « cela correspond à une tendance du marché ». Sa stratégie est claire : améliorer son outil de production en continu pour anticiper la demande. Celle-ci détermine le marché, dont il est difficile de prédire comment il évoluera exactement. Le PVC décline, l’aluminium a la cote, des solutions mixtes émergent? Il faut donc une machine qui peut traiter aussi bien l’aluminium que le PVC et le mixte PVC-aluminium ! De plus, cet équipement devra tout faire, depuis les fenêtres basiques jusqu’aux coulissants, en passant par les portes d’entrée, sans oublier les menuiseries spéciales (cintrées et trapèzes).

Vite dit... Mais le faire est une autre affaire ! Pour y parvenir, ce n’est pas tant le budget que l’investissement en temps qui est considérable : veille technologique, recherche des bons interlocuteurs, écriture du cahier des charges, échanges nourris avec les spécialistes des machines, essais en tout genre, réorganisation de la production pour coller à la spécificité de l’outil, etc.

L’imagination au service de la qualité

Esprit en perpétuelle ébullition, Pascal Beyou a un atout de taille pour mener sa barque de l’innovation : sa relation de confiance avec Hendrik Soenen, fabricant des machines du même nom, basé près de Courtrai, en Belgique. Ces deux passionnés de technique n’ont pas leur pareil pour concocter ensemble depuis nombre d’années des machines adaptées sur-mesure aux besoins d’Armen. En dehors de la robotique, qui est une autre composante d’innovation de la PME, toutes les machines sont signées Soenen.

À l’affût des bonnes idées qu’il pourrait transposer dans son domaine, Pascal Beyou trouve l’inspiration dans des secteurs industriels aussi variés que l’automobile, le militaire, voire l’aéronautique. Le procédé “habituel” entre les partenaires consiste à concevoir et fabriquer la machine définie par le cahier des charges écrit par Pascal Beyou et discuté avec Hendrik Soenen.

« Les deux tiers des équipements de l’usine sont au départ des prototypes », précise Pascal Beyou. Ce n’est qu’après une période de mise au point chez Armen, avec réglages et développements informatiques pour de nouvelles applications, que le fabricant belge développe et commercialise sa machine à plus large échelle.

L’originalité du management Armen

Formé à l’industrie du bois, Pascal Beyou pressent très tôt le succès du PVC et se lance illico dans cette voie. Quand cet ancien directeur industriel d’un gros fabricant de menuiseries PVC décide de créer sa propre structure, il le fait dans sa région natale de Brest et axe derechef sa stratégie sur une forte automatisation : « Je souhaitais un outil de production performant qui permette à un personnel peu nombreux de travailler efficacement et dans de bonnes conditions. La production travaille neuf heures par jour sur les quatre premiers jours de la semaine. Le personnel administratif, lui, choisit son troisième jour de repos à sa convenance. » La salle de sport et le coach mis à la disposition de tous les employés sont un autre aspect original du management atypique de Pascal Beyou. Aussi attentif à l’évolution sociétale qu’aux progrès technologiques, il s’efforce de rendre le travail attractif et d’augmenter la polyvalence du personnel, qui doit pouvoir tourner sur trois ou quatre postes différents ; ce qui permettrait de faire tourner l’usine sur cinq jours en maintenant quatre jours de présence pour les opérateurs machine. « Ils doivent avoir une bonne capacité de réflexion et d’analyse pour superviser ces appareils très automatisés », note Pascal Beyou, « mais les interfaces machines Soenen sont suffisamment similaires pour s’y retrouver sans trop de difficultés. » Engagée dès le départ dans un cheminement qui lui est propre, Armen est avant tout une PME qui se projette résolument dans l’avenir pour répondre aux évolutions de son temps.

Soenen se lance dans le dépannage sous lunettes 3D

Soenen, qui gère la majorité des réglages et dysfonctionnement des machines à distance, entre dans l’ère du 3D : ses machines les plus récentes ont été intégralement numérisées de façon à être entretenues et dépannées par le client lui-même, équipé de lunettes 3D. Le technicien du service de dépannage Soenen voit et entend tout « en live » et peut ainsi indiquer à distance à son client, non spécialiste, où et comment intervenir exactement sur la machine. À terme, toutes les machines Soenen seront “scannées” pour bénéficier de ce système, qui fait baisser fortement le coût d’intervention et le temps d’immobilisation des équipements.

Quid d’Armen Industrie ?

Créée en 2005 à Guiclan, une petite commune du Nord Finistère, l’entreprise emploie 50 personnes, dont 30 en production. L’usine a connu plusieurs agrandissements et s’étend aujourd’hui sur 9 000 m2 répartis en trois halls contigus comprenant un atelier PVC, un atelier alu à l’aménagement globalement similaire, en moins automatisé, et un atelier finition dont toutes les innovations maison ne nous sont pas dévoilées.

34 000 produits sortent chaque année de l’usine de Guiclan. Fenêtres et portes sont commercialisées en direct auprès des professionnels de la menuiserie, dans l’ouest de la France, bien sûr, mais aussi dans le nord et en région parisienne.

En tant qu'assembleur fabricant de menuiseries PVC, Armen a été le premier menuisier certifié QualiPVC Fenêtre. Pour l'alu, Armen est certifié Sepalumic.