Installer des robots pour rénover des volets anciens dans l’habitat, tel est le projet d’un jeune entrepreneur qui vient de s’installer à Brioude dans la Haute-Loire (43).
Julien Pinault est roboticien à la base et possède une solide expérience de l’intégration de systèmes robotiques d’abord dans l’industrie automobile puis dans une entreprise de rénovation de volets en région parisienne. Constatant que, dans sa région, de nombreuses maisons sont équipées des volets en bois ou métalliques, il a pensé qu’il devait y avoir un débouché pour une entreprise de rénovation de volets, d’autant plus que plusieurs villages aux alentours sont classés “plus beau village de France” et que cela entraîne des contraintes importantes d’aspect auxquelles doivent se soumettre les propriétaires.
Il a comparé les coûts et s’est rendu compte que ce qu’il pouvait proposer grâce à la robotisation était comparable au prix de base d’un volet neuf en PVC de base, c’est-à-dire en blanc.

Quid de la rénovation par robots ?
L’esthétique : la rénovation permet de garder, ou plutôt de retrouver, l’aspect initial des volets.
La pénibilité diminue, en effet les tâches les plus pénibles de ce genre de rénovation sont le décapage et la remise en peinture qui seront donc réalisées de manière robotisée. L’écologie globale de l’opération est assurée puisqu’il utilise un décapage par sablage et qu’il recycle le sable. D’autre part la mise en peinture est effectuée dans une cabine étanche avec traitement des rejets aériens.
Il supprime donc la nécessité du traitement d’effluents puisqu’il n’utilise aucun produit chimique.
La vitesse de l’opération complète augmente, en effet chaque cycle dure 2 minutes environ : le décapage 2 minutes par volet et la mise en peinture 2 x 2 minutes puisqu’il applique 2 couches. Par comparaison le traitement manuel serait de 30 à 45 minutes en moyenne.

Le déroulement d’une opération type
C’est un service complet qui est proposé : démontage, décapage, réparation si nécessaire, remise en peinture et repose dans la fenêtre.
Le décapage sera assuré par une machine automatisée de type grenailleuse à rouleaux. Il utilisera ensuite une cabine ventilée pour les peindre à l’aide d’un robot poly articulé. Les robots de manutention qui seront utilisés seront installés par une société française avec laquelle Julien Pinault est en train de négocier. Ce sont des bras articulés du même type que ceux que l’on trouve dans l’industrie automobile. Il va embaucher pour commencer deux personnes à l’atelier : une qui a une très bonne expérience des volets et de leur rénovation, l’autre qui est un menuisier installé à Brioude pour la réparation des volets avant leur mise en peinture, car c’est une opération qui ne peut pas être confiée à des machines, pour l’instant l’intervention de l’homme est indispensable.
D’après les calculs de Julien Pinault, le prix de base de la rénovation en teinte RAL correspond au prix de base d’un volet neuf en PVC de couleur blanche.
Il sera secondé, pour le démarrage de son activité, par un professionnel expert de la rénovation de volets. Il est déjà par ailleurs en train de négocier la reprise d’un local qui lui conviendrait dans la zone d’activité de Brioude.

Le marché potentiel
Julien Pinault ne se lance pas à l’aveuglette. Il a en effet réalisé avec l’Insee une étude sur la région qui montre que dans les 3 départements Haute-Loire, Cantal et Puy-de-Dôme, on trouve environ 350 000 résidences principales antérieures à 1983, ce qui est le cœur du marché qu’il vise. En effet ce sont les constructions de cette époque qui pré- sentent les besoins de rénovation les plus importants.
Il estime que 75 % des maisons mériteraient de faire réparer les volets ce qui représente environ 87 000 maisons, sur lesquelles il pense que 75 % des propriétaires ne voudront pas faire réparer. Il en reste 21 500 et il table sur une moyenne basse de 4 fenêtres à traiter par maison.
Il a aussi contacté les maires de certains villages classés dans lesquels le règlement interdit de remplacer les volets originaux par du PVC et a obtenu un très bon accueil. Il existe aussi certains secteurs protégés à Brioude même qui pourront faire appel à ses services.
Il a enfin pris des contacts avec différentes entreprises telles que des menuisiers, des entreprises de maçonnerie, de rénovation de façades ou intérieure et des installateurs de fenêtres. En le faisant intervenir comme sous-traitant, elles pourront donc proposer un service complet à leurs clients. Cela lui permettra d’obtenir un volume de production important dès le démarrage de son activité.

Démarrage de l’activité en janvier 2018
Il n’existe aucune entreprise spécialisée dans la rénovation de volets, les seuls artisans réalisant cette opération le font à un prix largement supérieur à ce qu’il envisage de proposer. Son idée semble donc viable puisqu’elle représente pour lui 95 ans d’activité à raison de 900 fenêtres traitées par an.
Il a soumis son projet à la Chambre de commerce et d’industrie de Brioude qui l’a aidé à monter le dossier dans le cadre de l’opération « Place aux jeunes. » Il ne lui reste plus qu’à obtenir le financement pour l’achat du parc de machines. Il envisage de démarrer son activité en janvier 2018.