Le groupe Verrissima, basé à Goetzenruck (54), poursuit son développement dans la région Grand Est en rachetant la miroiterie Miroiver située à Ittenheim (67), à proximité de Strasbourg. Ce rachat s’inscrit dans le projet d’entreprise “Vision 2023” que Verre & Protections a évoqué dans son article de février 2017 intitulé “Vision 2020” (lire Verre & Protections Mag n°96, page 20). L’entreprise a été créée en 1923 par Emile Burgun et reprise en 1985 par Jean-Louis Metz, le père de Jonathan, l’actuel dirigeant. Le groupe comprend maintenant 130 personnes au total et s’est structuré en quatre filiales, chacune dévolue à une activité propre. La plus ancienne “Verrissima Industrie”, s’adresse à des clients installateurs et fabrique essentiellement des portes d’entrée pour les habitations individuelles. La deuxième “Verrissima Habitat” est composée de différentes agences de proximité pour les particuliers et les artisans. C’est dans cette dernière que s’insère le rachat de Miroiver. La troisième est “Verrissima Trempe” qui se développe autour du rachat en 2017 de Vertal Nord-Est au groupe AGC. La quatrième, enfin, est “Verrissima Logistique”, consacrée au transport extrêmement spécifique des produits verriers.

Pour quelle raison un groupe Mosellan rachète une miroiterie située en Alsace ?
« Dans l’optique de notre projet “Vision 2023”, explique Jonathan Metz, nous désirons développer notre groupe en nous implantant encore plus en Alsace afin de conforter notre implantation locale déjà commencée par le rachat de la miroiterie Prévot de Bischwiller qui se situe à présent à Schweighouse (67), dans le Bas Rhin. De plus nous connaissons bien René Burgun, l’ancien dirigeant de Miroiver, qui a en effet travaillé à Verrissima une dizaine d’années, c’est même lui qui m’a appris à couper le verre quand j’étais jeune ! Nous avons gardé des liens et pensé à lui quand il a décidé de céder l’entreprise. Miroiver a une très bonne réputation dans la région de Strasbourg, nous avons longuement discuté et il est parti après avoir transmis les rênes à mon frère Samuel qui est maintenant le dirigeant de Miroiver, poursuit-il. Le chiffre d’affaires est de 800 000 € environ. Nous avons gardé les sept employés et déjà consolidé l’équipe par un commercial. L’opération s’est concrétisée le 1er octobre 2018. C’est pour nous une très bonne opportunité qui nous permet de continuer notre maillage dans la région Grand-Est. Nous allons ajouter aux locaux existants une salle d’exposition pour présenter les différentes compétences du groupe et nos produits », conclut Jonathan Metz.

L’entreprise va bien fêter ses 100 ans et doubler sa surface
Les objectifs du projet Vision 2023 sont multiples pour Verrissima. Tout d’abord, organiser un événement majeur car ce sera l’occasion de fêter les 100 ans de l’entreprise, ensuite doubler la surface des bâtiments de Goetzenbruck qui commencent à dater et demandent à être rajeunis. Par ailleurs il est nécessaire de donner une identité plus jeune à l’entreprise. L’idée principale est de conserver notre positionnement de “tendanceur” dans le verre ainsi que de la porte d’entrée qui est le cheval de bataille du groupe. La conception des portes est déposée à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) et Verrissima doit constamment se battre en intentant des procès aux compétiteurs vendant des contrefaçons trop voyantes.

Nouvelles gammes de portes présentées à Equipbaie
Une gamme a été mise au point par une école de design de Strasbourg, une deuxième gamme créée par une artiste, avec l’inclusion de métaux précieux dans le verre et enfin la gamme design.
« Ces gammes vont être un grand pas en avant pour se démarquer de la concurrence et mettront en avant tout le savoir-faire verrier, technologique et numérique de l’entreprise. En effet les portes seront en triple vitrage avec inclusion de vitraux comprenant des impressions numériques », explique le dirigeant de Verrissima.
Un autre objectif du projet d’entreprise est le développement industriel de la trempe, que Jonathan Metz considère comme un produit à forte valeur ajoutée ayant de l’avenir. Rappelons que le groupe emploie actuellement 130 personnes et son expansion s’effectuera suivant les opportunités. Pour le PDG l’humain doit être au cœur des préoccupations de l’encadrement. La considération et le bien-être ne sont pas de vains mots. La sécurité des opérateurs est suivie de très près et les investissements se portent sur les préhenseurs assurant le transfert des éléments verriers de machine en machine car c’est dans cette phase que l’on peut encore rencontrer des problèmes de sécurité. En outre des lieux de vie sont mis à disposition pour que les salariés se sentent bien. On constate d’ailleurs une fidélité certaine de salariés depuis leur entrée dans l’entreprise.
Il est à noter que Jonathan Metz n’éprouve aucune difficulté à recruter de jeunes talents ayant une vingtaine d’années que ce soit en production ou dans l’encadrement, comme c’est parfois le cas dans le secteur du bâtiment. Il attribue ce fait à la considération apportée à l’ensemble du personnel et il est agréablement surpris de découvrir de bonnes appréciations de son entreprise sur les réseaux sociaux. « Cela prouve que le résultat d'une entreprise passe aussi par la qualité du management et l’attention portée à la personne humaine », conclut Jonathan Metz.