Umea (Usinage et montage d’ensembles aluminium) est une entreprise spécialisée dans la sous-traitance industrielle en transformation de profilés aluminium, basée à Mortagne-sur-Sèvre (85). « Nous sommes spécialisés dans le débit final, ce qu’on appelle le parachèvement. Nous intervenons donc après l’extrusion pour proposer à nos clients des produits finis », explique Jérôme Marguet, gérant de la S.A.R.L. depuis 2016. « Nous travaillons pour les secteurs du ferroviaire, du médical, de l’aéronautique, mais aussi du bâtiment, pour environ 30 % de notre chiffre d’affaires »,

Jérôme Marguet

Ces entreprises du bâtiment sont principalement basées dans le grand Ouest et fabriquent des menuiseries, portes, brise-soleil, vérandas et portails. Citons par exemple K•Line, Ouest alu, Novoferm ou SIB.
Umea cible aussi les façadiers et fabricants d’ossatures métalliques, murs-rideaux ou serres, comme le groupe Briand, Marchegay ou Viry-Fayat. Elle a ainsi participé récemment à la construction de la cité musicale des Hauts-de-Seine à Boulogne-Billancourt (92) ainsi qu’au chantier du nouveau Roland-Garros.
« Nos points forts se trouvent dans nos équipements mais aussi dans notre expertise de l’aluminium. Nous ne faisons que cela et avons ainsi un vrai savoir-faire dans ce matériau. Nous faisons par exemple des grandes longueurs ; récemment nous avons répondu à un appel d’offres pour des barres jusqu’à 13 m », poursuit-il.

Investissements chez Elumatec

Umea dispose de sept bancs d’usinage et de sept bancs de sciage et elle vient de s’équiper d’un centre d’usinage cinq axes Elumatec dernier cri.
« Ce gros investissement va nous permettre de procéder à des usinages plus complexes et précis, jusqu’au dixième de millimètre. Les équipes d’Elumatec nous ont livré la machine la semaine dernière et ont procédé à la formation de nos salariés. D’ici deux mois, nous maîtriserons parfaitement la bête », se félicite Jérôme Marguet.
Prochainement, Umea fera à nouveau confiance au constructeur allemand avec l’acquisition d’un centre trois axes avec une tête d’usinage “revolver” qui lui permettra la réalisation de petites pièces en série.

Umea vient de s’équiper du SBZ150, un centre d'usinage 5 axes pour profilés de grandes dimensions, équipé d'une broche d'usinage d'une puissance de 15KW S1, pouvant travailler sur l'ensemble des faces du profilé y compris par le bas. Le centre dispose d'un changeur d'outil automatique et embarqué pouvant contenir 14 outils et une lame de scie pour les sciages complexes en bout de profilés.

L’engagement solidaire au cœur du projet

Dès sa fondation en 2006 par Jean-Claude Brangeon, le prédécesseur de Jérôme Marguet, Umea a fait le choix d’être une entreprise adaptée aux personnes en situation de handicap.
Cette spécificité, qui est régie par une convention renouvelable tous les trois ans avec l’État, a ses règles : « Nous avons l’obligation de compter 80 % de salariés handicapés dans nos rangs » précise Jérôme Marguet. « En contrepartie, l’État prend en charge une partie du salaire, mais nous payons tous nos impôts, contributions et charges comme n’importe quelle entreprise... »
« Globalement, nous recrutons des personnes rejetées par le marché du travail, sans expérience ni qualification, que l’on va former et accompagner dans les métiers de l’usinage. Nous recevons toutes les propositions par courrier, puis nous proposons au candidat, en lien avec Pôle emploi, un stage de quinze jours dans nos ateliers pour définir s’il a les pré-requis pour travailler en usine. »
Le dirigeant poursuit : « En France, le taux de chômage des personnes handicapées est deux fois supérieur aux personnes “valides”. Chez Umea, nous voulons valoriser les hommes par le travail et montrer que le handicap n’est pas synonyme d’incompétence, bien au contraire ! Vous seriez étonnés de voir l’évolution positive que l’on observe chez nos salariés au bout de quelques mois seulement : la confiance et l’estime d’eux-mêmes qu’ils acquièrent par le travail est assez extraordinaire. » Cette spécificité profite aussi aux clients d’Umea, car elle leur permet de réduire leurs contributions à l’Agefiph. En effet, toute entreprise française de plus de 20 salariés a l’obligation de compter 6 % de salariés handicapés dans ses rangs, mais dans les faits la moyenne est plutôt de 3 %. Ainsi, par le biais d’un calcul sur le chiffre d’affaires, les entreprises qui sous-traitent chez Umea gagnent par la même occasion des “points” pour réduire leurs taxes à l’Agefiph.

Nous voulons valoriser les hommes
par le travail et montrer que le handicap
n’est pas synonyme d’incompétence,
bien au contraire !
JÉRÔME MARGUET. Dirigeant d’Umea

« Cet argument n’est pas négligeable, admet le dirigeant, même si je pense que les clients nous choisissent avant tout pour notre qualité de service et de travail ! ».

Un programme de formation interne est prévu

Une partie de l’investissement sera aussi dédié à un ambitieux programme de formation en interne. Jérôme Marguet souhaite en effet remettre chaque salarié dans une dynamique de formation professionnelle. « L’idée est de revisiter tous les fondamentaux de l’usinage, de la lecture de plans au contrôle des pièces, afin que chacun soit le plus autonome possible », précise le dirigeant. Les salariés pourront même obtenir un Certificat de qualité professionnelle en usinage (CQP) au terme de leur formation.

Objectif ISO 9001

L’entreprise veut faire reconnaître cette montée en gamme avec la norme ISO 9001, qu’elle espère obtenir dans les trois ans, et qui sera une garantie supplémentaire pour ses clients, avec une amélioration de l’organisation, de la fiabilité et du contrôle des pièces. « Nous nous sommes donnés trois ans pour obtenir cette norme », indique Jérôme Marguet. « Nous voulons faire les choses correctement. Des cabinets parisiens nous ont démarchés pour nous aider dans cette optique, mais nous avons préféré faire appel à une consultante qui nous aide au quotidien. Cette norme est importante pour nous et montrera que l’on peut travailler avec 80 % de personnes handicapées tout en étant ISO 9001 », explique le gérant.

Croissance à tous les niveaux

Umea, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros en 2018, espère une augmentation de 20 % dans les trois ans. Elle ambitionne la création d’une dizaine de postes de personnes en situation de handicap dans les trois ans, pour porter leur nombre à cinquante.
Au niveau du personnel encadrant, un poste de régleur supplémentaire vient d’être créé et un technico-commercial va prochainement être recruté.
Un agrandissement des locaux est prévu ces prochains mois car l’entreprise se sent un peu à l’étroit dans ses 4 000 m2. Elle souhaite par ailleurs couvrir et moderniser son espace dédié au stockage, qui est pour l’instant à l’air libre.

Participation à des chantiers importants

Cité musicale des Hauts-de-Seine à Boulogne-Billancourt (92), en partenariat avec Mtechbuild

Les serres du nouveau Roland-Garros. Maître d'Ouvrage : Fédération Française de Tennis ; Architecte : Marc Mimram ; Constructeur métallique : Viry