L'usine Soprofen de Froideconche (70) emploie 150 salariés et produit chaque jour 800 volets par jour dans ses 13 000 m2 d'ateliers.
Récemment, le site haut-saônois a investi 390 000 euros dans un laboratoire doté d'un banc d’essai d’endurance. Soprofen souhaite ainsi aller au-delà des exigences du label NF-Fermetures, avec l’ambition de devenir le fabricant de fermetures référent en terme de qualité.
Entretien avec Christophe Desbiez-Piat, responsable du site.

Cet investissement participe-t-il d'une redéfinition de l'ensemble de votre process qualité ?

Christophe DesbiezPiat : « Oui, tout à fait, chez Soprofen, nous avons mis la qualité au cœur de nos préoccupations. Nous ne nous contentons pas seulement de répondre aux cahiers des charges, déjà bien exigeants, du label NF-Fermetures, notre volonté est d’aller au-delà en nous dotant d’une plus grande capacité d’essais. Notre ambition, c’est de devenir le fabricant de fermetures référent en terme de qualité.

À titre d’exemple, les essais d’endurances pour le NF imposent un maximum de 14 000 cycles, pour nos tests, nous qualifions ces essais au-delà de 20 000 cycles. En sus des essais NF-Fermetures, nous utilisons régulièrement nos équipements pour sélectionner de nouveaux composants de nos fournisseurs, ou des produits conçus par notre service recherche & développement. Cette démarche de travail en amont nous permet d’assurer la fiabilité de nos approvisionnements et d’optimiser la qualité de nos nouveaux lancements ».

Va-t-il vous permettre d'obtenir de nouvelles normes ou certifications ?

« Non pas dans l’immédiat, les critères de la marque NF-Fermetures étant déjà d’un bon niveau. La nouvelle implantation de notre centre d’essais offrant plus d’espace et de capacité, va nous permettre, peu à peu d’intégrer de nouvelles exigences et de nouveaux équipements de tests.
L’accroissement de cette capacité nous amène à une réflexion qui mûrit en parallèle, celle de la centralisation de l’ensemble des essais de nos autres unités de production sur le site de Froideconche. Cela présenterait l’avantage, non négligeable, de toujours bénéficier d’équipements de tests à la pointe de la technologie ».

Comment choisissez-vous les produits qui vont être testés ?

« La quantité est définie par la norme NF-Fermetures en fonction du volume fabriqué en M-1 (mois précédent) pour chaque gamme de produits et selon les types de manœuvres concernées. Quant aux dimensions des produits, nous retenons toujours les dimensions les plus extrêmes, gage de performance maximale et de qualité.
En complément des exigences du label NF-Fermetures, nous menons également des essais sur de nouvelles générations de produits dans le cadre des projets menés par notre bureau d’études ».

Quelle est la fréquence des tests ?

« Pour notre site de Froideconche, le minima est la réalisation de quatre tests au vent et deux tests d’endurance mécanique. Il y a deux process :

  • deux produits à tester par mois uniquement au vent = prélèvement en production ;
  • minimum deux produits à tester par mois : au vent + effort de manœuvre + endurance (test destructif ).
    Là, nous démarrons à la saisie d’une commande afin de tester l’ensemble du flux du produit (de l’administration des ventes à la logistique) ».

Les tests se font-ils sur le PVC ou l’aluminium ?

« Les deux matériaux sont testés car ils concernent l’ensemble de nos gammes de volets ».

Quels sont précisément les huit points de contrôle ?

« Pour les volets roulants, le référentiel est le Vemcros qui reprend les critères de performances suivants :
1/ V : Résistance au vent (V*) : 4 classes : tests obligatoires en interne ;
2/ E : Endurance mécanique (E*) : 3 classes, tests obligatoires en interne ;
3/ M : Manœuvre (M*) : 2 classes, tests obligatoires en interne ;
4/ C : Résistance aux chocs (C*) ;
5/ R : Comportement à l’ensoleillement (R) ;
6/ O : Occultation (O*) : 1 classe ;
7/ S : Corrosion (S*) : 2 classes : tests réalisés en interne car nous sommes équipés et le CSTB nous a donné l’autorisation (contrôlé par l’auditeur agréé par le CSTB lors des audits semestriels) ;
8/ R : Résistance thermique (R*) ;
Il y a également les tests liés au laquage, à la validation de nouveaux composants ou matières premières d’un nouveau fournisseur. Exemple : test sur le coil alu, coil acier, le banc de traction, la chambre noire etc. ».

Comment étaient faits ces tests avant cet investissement ?

« Globalement les tests étaient effectués d’une manière similaire mais les équipements étaient disséminés dans l’atelier en fonction de la place disponible ».

D'autres investissements sont-ils prévus prochainement sur Froideconche ?

« Oui, bien entendu, dans le cadre de notre démarche qualité, nous continuons d’investir dans des moyens de contrôles des matières premières et de contrôles continus ».

Ce centre d’essais est-il susceptible d'être utilisé pour d'autres produits du groupe (par exemple ceux de SPPF) ?

« La volonté du groupe est de maintenir l’indépendance de chaque marque avec pour chacune une stratégie propre. Ainsi, les équipements d’essais de Froideconche sont dédiés exclusivement à la marque Soprofen ».

Ce nouveau centre d’essais a-t-il nécessité des embauches ?

« Pas pour le moment, mais en fonction de l’accroissement des essais, il est fort probable qu’une embauche complémentaire soit envisagée ».

Combien de personnes ont dû être formées pour l'utiliser ?

« Un collaborateur est en cours de formation pour assurer la gestion de l’ensemble des essais en plus de notre responsable qualité ».

Propos recueillis par Quentin Gonard