Le 28 septembre dernier, le fabricant de menuiseries aluminium Novafen a inauguré ses nouveaux locaux à Aspach-le-Haut (68). À l’étroit dans ses ateliers de Bitschwiller-lès-Thann (68), la société a investi 2,5 millions d’euros dans ce projet. Verre & Protections Mag s’est entretenu avec Giuseppe Borraccino, fondateur et dirigeant de Novafen.

Giuseppe Borraccino est un pur produit du sérail. Après avoir fait ses armes dans la pose de menuiserie, il crée la société Eurofermetures en 1999, puis la société de fabrication de volets battants Voreal en 2001. En 2011, il se tourne vers la fabrication de menuiseries aluminium en fondant Novafen. Après plusieurs années de croissance à deux chiffres, l’entreprise se trouve à l’étroit et la décision est prise de lui donner un nouvel élan dans des locaux de 3 500 m2 au sein du Parc d’activités d’Aspach-Michelbach, dont 600 m2 sont dédiés à l’exposition des produits et à la formation des clients.

Un centre d’excellence unique en France

Les menuiseries aluminium Novafen (qui est une marque déposée), orientées moyen-haut de gamme, sont fabriquées sur mesure à destination du marché résidentiel exclusivement. L’entreprise, qui travaille en B to B, a profité de cette nouvelle installation pour créer à destination de ses clients poseurs un centre d’excellence unique en France.
« Novafen est avant tout une manufacture », précise Giuseppe Borraccino. « Toutes nos menuiseries, du petit coulissant au coulissant de 3 x 7 m, sont assemblées avec un maximum de précision et sont testées verticalement grâce à des bancs d’essai dernier cri », poursuit le dirigeant. Novafen a en outre investi dans un banc AEV, pour tester la performance des châssis fabriqués dans son atelier.
« À notre époque où nous voyons apparaître sur le marché des produits venant de tous horizons, nous avons choisi de miser sur l’excellence à la française. Nous sommes très rigoureux quant au respect de la qualité et des normes, comme des moindres détails lors de l’assemblage de nos produits. Nous sélectionnons chez les gammistes les meilleures barres, idem pour le vitrage et pour tout ce qui est étanchéité et joints », explique Giuseppe Borraccino.

Acquisition prochaine d’un nouveau centre d’usinage

En plus de ces bancs, l’entreprise a investi dans des tables de montages et des scies, et elle compte se doter prochainement d’un nouveau centre d’usinage. Ce gros investissement (entre 700 et 800 000 euros) ne se fera pas à la légère, car Giuseppe Borraccino veut ce qui se fait de mieux pour son atelier. Son choix se fera soit sur l’Allemand Schirmer, soit sur l’Italien Emmegi, seuls fabricants capables à ses yeux de lui offrir la précision nécessaire, en l’occurrence un module de fraisage multi-axes avec électro-mandrins permettant d’usiner le contour des profils quelle que soit leur orientation. Un magasin de stockage vertical de marque Electroclass a en outre été mis en place, relié à l’ERP de l’entreprise. L’ergonomie a été optimisée : chaque accessoire est pointé et préparé pour l’assembleur afin d’éviter les déplacements inutiles.

Un management fortement tourné vers l’humain

Mais le succès de Novafen ne s’explique pas seulement par la rigueur qu’il s’impose dans la fabrication de ses produits. Giuseppe Borraccino a choisi depuis toujours de placer l’humain au centre de son entreprise. Management responsable, écologie et bien-être au travail sont les leitmotivs du dirigeant qui détaille : « à la signature de son contrat, chaque salarié reçoit un mug aux couleurs de Novafen. Ici, point de plastique donc, des fontaines à eau, avec eau plate ou gazeuse, sont à disposition des collaborateurs. À l’extérieur, nous avons aménagé des paniers de basket, un terrain de pétanque, un verger, un poulailler ainsi que des ruches. Un salarié de l’entreprise, arboriculteur de formation, est spécialement affecté à ces ateliers. Tous nos salariés avaient d’ailleurs été consultés lors de l’élaboration des plans. Ils peuvent bénéficier à présent d’œufs, de fruits et légumes frais ainsi que de pots de miel estampillés Novafen ! », se réjouit Giuseppe Borraccino. En intérieur, une salle de détente a été aménagée, avec un espace baby-foot et ping-pong ainsi qu’une salle de cardio/musculation. « La moyenne d’âge de nos salariés est très basse. Ainsi, au lieu de devoir payer pour une salle de sport, ils ont le loisir de profiter de ces équipements soit pendant leur pause du midi, soit après leur journée de travail », poursuit le dirigeant. Régulièrement, des activités en commun sont organisées comme le repas de Noël, des olympiades, du paintball, de la pêche, du tir à l’arc, du karting ou du bowling. De quoi fidéliser des collaborateurs compétents, à l’heure où il est de plus en plus rare d’en trouver.

Intérieurs des nouveaux ateliers

Entre 20 et 25 personnes seront recrutées dans les deux ans

« On parle aujourd’hui beaucoup d’“Usine du futur”. Mais l’usine du futur, ça n’est pas seulement l’automatisation et les robots. Les valeurs “à l’ancienne” doivent garder toute leur place : l’amour du travail bien fait, le respect du client et le bien-être des salariés doivent être les priorités de l’entreprise du futur » appuie Giuseppe Borraccino.
Pour accompagner sa croissance, Novafen souhaite d’ailleurs recruter entre 20 et 25 personnes dans les deux ans. Des ingénieurs et dessinateurs pour le bureau d’études, des menuisiers ainsi que des personnes affectées à la logistique, à l’emballage et au conditionnement.

Objectif 300 châssis par semaine

Car Giuseppe Borraccino ne compte pas s’arrêter là. Il a déjà déposé une demande de permis de construire pour doubler sa surface de production au printemps prochain. L’entreprise produit actuellement entre 100 et 120 châssis par semaine, l’objectif avec tous ces projets est de 300 châssis par semaine pour fin 2021. De quoi couvrir une plus grande zone de chalandise, puisque Novafen, qui couvre déjà le Grand-Est, souhaite s’étendre sur tout le territoire.