«On s’habitue au soleil, on s’habitue à la chaleur, on s’habitue à l’humidité, on ne s’habitue jamais aux moustiques ». Cette sentence, François et Nathalie Capitaine (photo ci-dessus), créateurs de la moustiquaire Mostiglass, l’ont souvent entendue lors de leurs voyages.
François Capitaine, docteur en sciences des matériaux et spécialiste des polymères, a travaillé de longues années dans l’industrie médicale. Son épouse Nathalie est professeure de physique et fondatrice d’un cabinet de psycho-pédagogie. Leurs pérégrinations à travers le monde les ont menés à l'Île Maurice, où ils ont pu observer de facto les désagréments causés par les moustiques, dont le funeste moustique tigre. « Celui-ci est un véritable fléau, par ses capacités à transmettre nombre de virus et à se propager rapidement et de manière permanente à travers le monde », explique François Capitaine. « Il est par exemple très présent dans le grand Sud de la France, et ne devrait pas s’arrêter là. Dès lors, à moins de faire usage d’insecticides nocifs, la moustiquaire semblait s’imposer comme la solution idéale pour s’en prémunir dans son logement », poursuit-il. « Or, nous avons souvent constaté que même dans les plus belles demeures, les moustiquaires étaient quelquefois constituées de bric et de broc, de tissages toujours identiques, qui d’une part, obscurcissent l’intérieur, mais surtout ne sont pas très efficaces, car le moustique finit toujours par trouver une faille au travers d’une maille. »

Du polycarbonate savamment perforé

Suite à ces observations, les deux scientifiques ont alors décidé d’apporter leur contribution à ce problème en prenant à contre-pied ce qui se faisait jusqu’alors. « L’idée a été de partir d’un matériau de base translucide, en l’occurrence le polycarbonate, et d’y pratiquer des trous très petits, réguliers et en très grand nombre », explique François Capitaine. Ce procédé, breveté et lauréat du concours Tremplin I’NOV Pro de Transtech en 2018 dans la catégorie “Équipement de la maison”, se décline en diverses épaisseurs, et donc en autant d’utilisations. L’épaisseur la plus faible permet à la Mostiglass de s’enrouler sur elle-même et peut ainsi venir en remplacement des moustiquaires traditionnelles installées sur n’importe quel enrouleur. L’épaisseur la plus grande procure une moustiquaire rigide, l’équivalent d’une vitre percée et ultra-résistante (les polycarbonates utilisés sont plusieurs centaines de fois plus résistants que le verre) pouvant être accueillie dans un cadre de fenêtre ou une baie vitrée. La Mostiglass peut aussi être incorporée aux aérations et entrées d’air. Le dimensionnement des trous, d’une régularité parfaite est parfaitement efficace contre tous les moustiques, même ceux de très petite taille comme le moustique tigre. Les essais ont d’ailleurs été validés par l’Institut de recherche pour le développement (IRD), organisme accrédité par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).


Rafraîchissement de l’air et grande transmission lumineuse

La Mostiglass s’avère efficace pour la circulation de l’air et a même des propriétés rafraîchissantes dans certaines de ses versions : en effet, lorsque de l’air d’une certaine température rentre dans un orifice plus petit, il se produit un effet de “détente” qui produit une baisse de température. Quelques degrés gagnés qui ne remplacent pas une climatisation, mais qui ne sont pas négligeables dans les régions chaudes…
Enfin, la Mostiglass possède de grandes qualités optiques par rapport aux moustiquaires traditionnelles, qui occasionnent généralement une déperdition de l’ordre de 50 % de la transmission lumineuse, alors que la Mostiglass affiche des valeurs très proches de 85 %, soit l’équivalent d’un vitrage de base.

Capable de produire en grandes quantités, aux prix du marché

GoCap, la société créée pour l’occasion, a récemment livré des panneaux de Mostiglass à l’Agence régionale de santé de Guadeloupe, un organisme qui fait de la culture de moustiques (!) et qui était donc très intéressé à l’idée d’avoir des panneaux obturant entièrement leur baie vitrée, tout en ayant un air renouvelé.
L’entreprise a produit ces panneaux dans son atelier automatisé de Bordeaux. Son système de production opère volontairement avec de petites unités qui peuvent être facilement duplicables pour de grandes quantités, et ce, à un prix acceptable par le marché.
Précisons bien que GoCap commercialise la “partie active” de la moustiquaire, libre ensuite à l’industriel de le mettre en œuvre au sein de ses produits. « Nous nous adressons à des professionnels qui ont accès au marché et qui assemblent notre produit dans leurs enrouleurs, fenêtres, jalousies ou baies vitrées », conclut le dirigeant.