Tour M2

Dans un communiqué rendu public le 21 novembre 2016 par l’organisation professionnelle représentative des concepteurs, fabricants et installateurs de menuiseries aluminium, le SNFA, les façadiers français évincés de la tour Saint Gobain crient leur colère.
L’objet de cette colère : Vinci, entreprise générale en charge de cette tour en cours de construction à la Défense (92), a récemment choisi l’entreprise turque Metal Yapi pour réaliser le lot de façades vitrées. L’immeuble M2, futur siège de Saint-Gobain, est une tour de 39 étages, 180 m de hauteur et près de 25.000 m² de façades vitrées.
« C’est un nouveau coup dur pour les entreprises françaises, une fois de plus privées d’un important marché », réagit le SNFA. Les raisons de ce choix : à nouveau des prix anormalement bas ! poursuit le syndicat. Pourtant Metal Yapi, toujours pour les mêmes raisons financières, sous-traitant de Bouygues pour les façades de l’immeuble Le Monde, a déjà défrayé la chronique en 2004 ! Souvenons-nous des conditions déplorables de travail et d’hébergement de ses salariés qui ont fait polémique… Jusqu’à perturber l’assemblée générale de Bouygues et nécessiter l’intervention de son président. Dans de telles conditions, on comprend mieux les invraisemblables écarts de prix avec les entreprises françaises ! », affirme le SNFA.
« Aujourd’hui, précise encore le communiqué, Metal Yapi ne dispose en France que d’un établissement de moins de cinq personnes qui n’est même pas affilié à la convention collective du bâtiment. La totalité des composants des façades ainsi que la main d’oeuvre de fabrication et d’installation seront donc intégralement de provenance “hors Europe”.
Que dire dès lors des certifications environnementales les plus élevées pour ce bâtiment qui ne manqueront pas d’être revendiquées ? Malheureusement, ce dernier cas de sous-traitance étrangère est loin d’être isolé et devient même une pratique courante… Pourtant, les conséquences de cette recherche d’offres à des prix toujours plus bas sont le plus souvent désastreuses ! »
affirme également le syndicat français.

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Tour Carpe diem

« Colmater des fuites pendant des mois !»

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Tour M2

Autre exemple de chantier qui ne passe pas pour les façadiers français, les façades des deux dernières tours également construites à la Défense : Carpe diem et D2, l’une confiée à la société chinoise Yuanda, qui, précise le SNFA, « nous avait été présentée comme l’une des meilleures au monde, et qui après avoir péniblement installé les façades a fait la fortune des loueurs de nacelles en tartinant la tour de mastic pour colmater ses fuites pendant des mois ! ». L’autre, sous traitée à la société Kyotec qui, toujours selon le SNFA, « elle-même sous traitait toute sa fabrication en Turquie, a subitement disparue pour dépôt de bilan avant la fin du chantier ! ».
Ce que veut exprimer ce coup de colère des façadiers français, c’est que selon eux, les entreprises françaises sont pourtant en mesure d’offrir des prestations de nettement meilleure qualité, incluant conception technique, gestion de projet et garantie de bonne fin, à condition de recevoir une juste rémunération. Au-delà des façades vitrées, les marchés de fenêtres en neuf comme en rénovation sont également touchés par la quête de prix toujours plus bas, et de nouvelles pratiques doivent être dénoncées et combattues : il s’agit de l’achat direct hors de France par les entreprises générales qui ensuite enrôlent des poseurs. « Il faut comprendre que c’est le concept même de l’entreprise spécialisée capable de concevoir, fournir et installer qui est remis en cause ! » ajoute à ce sujet le SNFA.
Ce cri de colère a également pour objectif de dénoncer des pratiques mais surtout de « provoquer une prise de conscience et le retour au bon sens d’avoir recours à une filière française constituée de PME performantes », conclut le communiqué du SNFA.