Vous avez investi près de huit millions d’euros dans la modernisation de votre usine Aluminium, opérationnelle depuis septembre 2017. Pourquoi cet investissement et en quoi a-t-il consisté ?
Cécile Sanz : « Ce projet aluminium se décompose en deux parties. Une première partie de l’investissement a été utilisée pour la construction d’un transstockeur et la seconde pour agrandir notre usine de production et l’équiper en nouvelles machines. Cet investissement a été réalisé pour répondre à trois objectifs. Le premier était d’augmenter la capacité de production pour les années à venir. Le second, d’améliorer la qualité dans l’usine : grâce au transstockeur, il n’y aura plus aucune manipulation de barres dans l’usine ce qui permet d’éviter les chocs de barres laquées et donc de réduire les risques de rayures. Le troisième objectif et c’est presque le plus important, était d’améliorer les conditions de travail de nos salariés en évitant tous les ports de charge importants ».

Comment s’est mis en place ce projet en termes d’infrastructures et d’équipements ?
« Nous avons réalisé une extension de l’usine de 2000 m2 et construit un bâtiment entièrement rempli de rayonnages, de 80 m de long, 25 m de large et 15 m de haut pour le transstockeur qui représente lui-même une grosse partie de l’investissement. Nous avons également réalisé un investissement sur la chaîne d’ouvrants cachés avec un autre transstockeur à cadres qui permet lui aussi de ne plus avoir de port de charges et de revoir complètement le process d’industrialisation. Nous avons également réalisé des investissements supplémentaires en nouvelles machines et en robotique ».

Vous insistez sur l’importance des conditions de travail des salariés pour justifier ces investissements et vous avez mis en place un certain nombre de dispositifs en la matière. Vous pouvez nous en dire plus ?
« Effectivement, notre préoccupation vis-à-vis des salariés a toujours existé chez FPEE. Je dirais même que sur les 15 dernières années, la plupart des investissements réalisés dans le groupe le sont pour l’amélioration des conditions de travail qui engendrent une meilleure productivité. Outre les investissements qui touchent à la production elle-même, on a effectivement mis en place un certain nombre de dispositifs notamment dans le cadre du projet FPEEE. FP et trois “E” pour Environnement, Economie et Equipe. C’est un projet en interne qui concerne tous les collaborateurs et qui vise à avoir un regard sur l’environnement dans tous les axes du quotidien, à faire des économies d’énergie et à privilégier les prestataires locaux dans une démarche globale. Les économies réalisées dans le cadre de ce projet sont pour un tiers reversées à des associations, pour un second tiers utilisées pour la qualité de vie au travail, ce qui s’est traduit par exemple par l’achat de vélos pour que les salariés puissent se déplacer entre les usines du site ; le dernier tiers des économies réalisées revenant à l’entreprise ».

Le transtockeur de 2600 alvéoles représente un budget de 2,6 millions d'euros et permet d' éviter les manipulations de barres et les ports de charge importante en usine.


Vous avez aussi mis en place une permanence d’assistante sociale et un accompagnement infirmier pour les personnes qui arrêtent de fumer ?
« Oui, tout cela fait partie de l’ADN du groupe. Nous sommes une entreprise où les relations humaines sont très importantes. On a pu le voir au cours d’événements relativement récents assez médiatisés. C’est vrai que ça fait partie de notre ADN d’être proches de nos salariés et de nos collaborateurs et donc de mettre en place un certain nombre de choses, comme beaucoup d’entreprises le font d’ailleurs et c’est important. Dans la vie il y a toujours un équilibre à trouver entre la vie professionnelle et la vie privée et lorsqu’un salarié n’est pas bien dans sa vie privée, ça rejaillit sur sa vie professionnelle. Il faut trouver cet équilibre-là et de temps en temps il faut faire des passerelles ».

Quel est l’effectif actuel du groupe FPEE ?
« 650 collaborateurs hors intérimaires donc plutôt à 700 à 750 avec les intérimaires. Sachant que les variations d’activité sont très importantes notamment à cause du CITE, nous avons été obligés d’avoir recours à l’intérim fin 2017, principalement pour l’aluminium dont le marché était beaucoup plus dynamique. Nous avons aussi fait appel à l’intérim chez Multilaque parce que les délais et l’activité ne sont pas les mêmes et que nous avons des variations d’activité très importantes d’une semaine à l’autre, que l’on ne sait pas gérer autrement qu’avec l’intérim. »

En 2017, vous avez lancé une nouvelle gamme de portes d’entrée aluminium et en 2016, la fenêtre Hexagone. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces deux produits ?
Notre nouvelle gamme de portes d’entrée que nous avons présentées à Batimat est un très beau projet sur lequel nous travaillons depuis deux ans, (lire également Verre & Protections Mag n°102, page 47). Elles seront commercialisées en mars 2018. Historiquement, le groupe ne faisait que du PVC puis s’est rapidement mis à faire de l’aluminium puis du bois aluminium, du RFP aussi qui est un matériau avec de la résine et de la fibre courte. La seule chose qui nous manquait pour nous positionner sur tous les segments de marché, c’était le bois. Nous avons donc lancé cette gamme bois il y a deux ans. C’est une gamme qui fonctionne très bien et qui est fabriquée chez Mixal où nous avions cette compétence bois et les machines adéquates pour la fabrication. Nous l’avons appelée Hexagone parce qu’on a parlé tout à l’heure des valeurs de notre groupe et la fabrication française en fait partie. Nous avons d’ailleurs obtenu le label « Origine France Garantie » dès novembre 2016. Ca n’est pas juste du marketing, c’est vraiment l’expression de convictions assez fortes de l’équipe de direction FPEE. C’est donc un label auquel on s’est immédiatement intéressés et que nous avons obtenu sur 100 % de nos gammes ».

Vous avez prévu d’investir 5 millions d’euros en 2018 notamment sur un projet PVC. De quoi s’agit-il exactement ?
« Oui, parmi les projets d’investissement de 2018 une partie concernera le PVC car même si le marché est un peu en souffrance depuis quelques années, on pense qu’il faut continuer à investir et continuer à avancer pour donner de la différenciation produits à nos clients. Nous allons donc investir au global un peu plus d’un million d’euros. L’ensemble de la production PVC va être impacté et ça permettra notamment de donner de la différenciation produits pour nos adhérents Art et Fenêtres. Je ne souhaite pas communiquer davantage sur ce projet pour l’instant car nous avons à cœur d’informer en amont nos collaborateurs. Ce qu’il faut retenir c’est que FPEE a une politique d’investissement récurrente et continue d’investir sur tous les segments de marché. Nous allons probablement investir aussi dans les volets battants cette année. Nous avons la chance dans le groupe d’avoir un portefeuille produits relativement large, des matériaux différents et nous essayons de faire avancer toutes ces familles de produits. Comme pour tous les projets d’usine, la production ne travaillant pas au mois d’août, pour ce projet PVC nous déménagerons et réaménagerons pendant le mois d’août pour être opérationnels début septembre 2018. Le calendrier sera donc le même que pour la modernisation de l’usine Aluminium en 2017 ».

Comment avez-vous vécu 2017 et comment envisagez-vous 2018 ?
« L’année 2017 a été une bonne année même si le marché, comme pour tous nos confrères, est très lié au marché de la rénovation et a subi des à-coups pas toujours simples à gérer avec le CITE. Pour autant, ça nous a permis de faire une bonne année 2017 avec un chiffre d’affaires un peu au-dessus de l’année précédente. Mais ça fait peser une interrogation sur la fin de l’année 2018 puisque le CITE va s’arrêter. Je pense que fondamentalement c’est gérable ; ce qui est compliqué avec le CITE c’est plutôt la communication qui est faite autour ; que ce soit pour nous industriels ou pour nos clients, c’est un contexte un peu compliqué en terme de pose avec notamment des délais qui s’allongent. Pour autant nous restons extrêmement optimistes pour 2018. Tout d’abord parce que nous lançons de très beaux produits PVC cette année pour le réseau Art et Fenêtres. Mais aussi pour Ouverture’S, une gamme exclusive magnifique avec un dormant de 76 mm aux performances thermiques et acoustiques très intéressantes et au design très contemporain. C’est une gamme très bien dessinée qui va permettre de relancer l’activité, de faire de la différenciation de produit sur le terrain et qui a été lancée en début d’année, au Congrès que nous avons organisé à Evian. Notre nouvelle gamme de portes va nous apporter aussi de la visibilité donc je pense que le CITE ne sera plus qu’un mauvais souvenir en septembre ».

D’autres gammes ou diversification de produits prévus d’ici à fin 2018 ?
« Non, nous n’envisageons pas de diversification de produits puisque nous avons une gamme relativement large et que nous souhaitons déjà faire le mieux possible notre métier sur les produits que nous connaissons bien, les fenêtres, portes, portails et volets. Ce qui va être lancé à court terme c’est la gamme de 76 mm pour Ouverture’S, une gamme exclusive pour Art & Fenêtres à partir du premier semestre et notre gamme de portes d’entrée à partir de mars sachant que nous aurons probablement aussi des nouveautés pour EquipBaie, en volets battants et en portails. Nous avons aussi un très beau projet Défi Voile Art & Fenêtres, qui démarre tout juste et autour duquel tout le monde est très mobilisé : Art & Fenêtres va sponsoriser pendant 4 ans un bateau pour la Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre et le Vendée Globe. Le Newrest a été mis à l’eau le 7 janvier »