À Brive-la-Gaillarde, un bâtiment de l’hôpital est en cours de rénovation.
Une double peau ventilée améliore l’isolation de cet édifice, surtout en été, grâce à un mur-rideau placé en façades sud-est et sud-ouest. Le profilé spécifique du brise-soleil permet le ruissellement de l’eau de pluie et le nettoyage de la façade. Des passerelles installées à chaque niveau complètent l’équipement.
Construite dans les années 1976-1977, l’unité médico-chirurgicale de Brive-la-Gaillarde (19) est en fin de rénovation. Ce bâtiment, qui occupe l’artère principale du Centre hospitalier, voit ses façades sud-est et sud-ouest modifiées par l’adjonction d’une double peau. Ce chantier, nécessitant le maintien de l’activité hospitalière, a permis la rénovation énergétique de ces deux façades, pour améliorer le confort des patients et du personnel, en conformité avec les normes du Grenelle de l’environnement. Il améliore aussi la sécurité de l’établissement, en assurant aux services de secours l’accessibilité aux douze étages par l’extérieur. La hauteur totale du bâtiment est de 39 mètres.
Vincent Delivet, directeur du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde, indique : « Il s’agit d’un centre de 600 lits, plus des hospitalisations de jour. Notre objectif a surtout été d’améliorer le confort d’été, mais également la sécurité incendie, grâce à des passerelles à tous les étages. Nous avons eu les premiers retours positifs dès cet été, même si le système n’était pas encore abouti. »
Le bâtiment était protégé jusqu’en 2009 par des brise-soleil en béton, intégrés à la façade, mais dont l’usure a nécessité la dépose. Un projet a été entrepris en novembre 2012 et c’est l’agence d’architecture EMaa, en collaboration avec le menuisier aluminium Manière & Mas et le bureau d’études Technal, qui a été retenue dans le cadre d’un appel d’offres “conception/réalisation”. Leur projet clé-en-main repose sur la conception d’une façade à double peau ventilée, sur-mesure.

DSC_2064
De gauche à droite : Jean-Pierre Mas, aluminier agréé Technal, Éric Vignaux, ingénieur du bureau d'études, Vincent Espagno, architecte pour EMaa, Vincent Delivet, directeur de l'hôpital, Gilles Géromel, directeur commercial et Armando Rodriguez, prescripteur de Technal.

Verre de contrôle solaire bleu-gris de Saint-Gobain
Vincent Espagno, architecte pour l’Agence Emaa, précise : « La construction de 1977 comprend une ossature et des consoles en béton. L’idée de rénovation est une double façade ventilée sur les douze niveaux, avec une épaisseur d’un mètre et des passerelles à tous les niveaux. Le verre extérieur crée une barrière thermique qui abrite un espace tampon le long du bâtiment. Cet espace est tempéré en hiver comme une serre et ventilé en été grâce à des aérations hautes et basses qui accélèrent l’air à l’intérieur par effet de cheminée. » Il ajoute : « Le verre choisi est un verre de contrôle solaire bleu-gris de Saint-Gobain, avec des sérigraphies pour apporter de l’ombrage, ce qui crée trois types de vitrages sur la peau extérieure. La sérigraphie apporte une ombre douce, comme de petites feuilles d’olivier.
Vue de l’intérieur, la sérigraphie se reflète sur le verre extérieur et semble double. Une étude a été menée par Saint-Gobain pour déterminer le facteur solaire de ce motif sérigraphié. Ce facteur est de 0,26 pour les verres clairs, et de 0,22 et 0,17 pour les verres sérigraphiés. De plus, des brise-soleil créent une ombre sur le verre clair trempé. »

La façade est autonettoyante (vitrage Bioclean) et il faut que l’eau de pluie ruisselle sur les verres pour le nettoyage. Pour cela, le profilé des brise-soleil est à pente inversée et ramène l’eau le long de la façade. Un jour ménagé entre la façade et le capot du brise-soleil permet l’écoulement des eaux de pluie. Côté intérieur, les vieux châssis sont conservés, et des films marrons, posés sur les vitrages en 2009 pour limiter la lumière lors de la dépose des brise-soleil d’origine, vont être retirés.

La façade alterne trois types de double vitrage filtrant les apports solaires
En hiver, l’espace tampon de la double façade est chauffé par le soleil. Totalement clos, il crée un manteau de protection qui conserve la chaleur et permet de réduire de 25 % les déperditions énergétiques des locaux contigus.
En été, un système de volets mécanisés, en parties hautes et basses, assure la circulation d’un flux d’air qui rafraîchit naturellement le bâtiment, sans avoir recours à la climatisation. Il permet de réguler la température intérieure et d’obtenir dans les chambres jusqu’à 6 degrés en moins par rapport à l’extérieur.
Au total, 100 000 kilowatts/heure d’économies sont ainsi envisagés. Cette double peau offre un bien-être optimal aux patients et un cadre de travail agréable pour le personnel. Elle améliore également le confort acoustique avec une réduction du bruit de 10 dB. En complément, les brise-soleil sur-mesure intègrent un capot saillant de 25 cm, et contrôlent l’éclairage naturel. La façade alterne trois types de double vitrage, qui filtrent les apports solaires :
- un verre clair à hauteur de regard, jusqu’à 1,70 mètre, pour une vue directe et dégagée sur l’extérieur,
- deux vitrages sérigraphiés sur les parties hautes et basses de chaque étage, qui apportent un effet de masque et constituent de véritables écrans thermiques. Ces vitrages permettent aux patients de profiter au maximum de la lumière du jour sans avoir besoin de baisser les stores.

DSC_2085
Vitrages opaque et clair.

2 500 ml de brise-soleil Technal placés en décalé sur la façade
La nouvelle façade Géode se démarque par une trame horizontale de 62 mm, renforcée par deux profilés et un système de demi-capot. La trame verticale reprend celle des consoles en béton. Fixée sur la structure porteuse en acier galvanisé, elle est composée de tubes rectangulaires horizontaux de 6,80 m. À rupture de pont thermique et mis en œuvre à un mètre de la façade existante, le mur-rideau Géode permet la création d’une double peau. Des passerelles avec escaliers sont réalisées dans l’épaisseur de la double façade. En accord avec les normes de sécurité, elles facilitent l’accès par l’extérieur et à chacun des 12 étages :
– des services de secours en cas d’intervention ou d’évacuation (feu, alerte à la bombe…),
– du personnel de maintenance et d’entretien.
2 500 ml de brise-soleil, en partie haute de chaque niveau, sont placés en décalé sur la façade. Ils offrent du relief à cet ensemble vitré.

DSC_2070
La sérigraphie semble double.

Deux sérigraphies
Les 5 700 m² de murs-rideaux sont revêtus par trois types de vitrages (un clair et deux sérigraphiés), dont la moitié de verres clairs, un quart de verres semi-opaques (à 50 %) et un quart de verres opaques à 85 %.
Éric Vignaux, du BET d’ingénierie, précise : « Il s’agit principalement du verre SGG Cool Lite SKN 154, avec un facteur solaire bas (Sw de 26) et une bonne transmission lumineuse (Tl de 50 %). Il est installé en double vitrage, dont l’épaisseur totale est de 32 mm, avec un verre SGG Planilux intérieur. Le verre extérieur est un Cool Lite de 6 mm (couche en face 2), puis 20 mm d’argon isolent le deuxième verre de 6 mm, qui est sérigraphié ou non. La sérigraphie est placée en face 3 du double vitrage ; elle est obtenue par émaillage cuit au four. Le verre émaillé est trempé. »

DSC_2084
La superstructure sur la terrasse du bâtiment.

Un chantier à partir du toit mis en œuvre par la menuiserie Manière & Mas
Le mode opératoire, par l’extérieur et depuis le haut du bâtiment, a été proposé par le menuisier Manière & Mas. Jean Pierre Mas, gérant de l’entreprise, indique : « Il a fallu installer une charpente sur le toit de l’hôpital, et elle est appuyée sur la structure du bâtiment. Cette structure porteuse intègre un rail mobile qui assure le déplacement d’une grue de 3,6 tonnes sur toute la longueur ainsi que deux nacelles volantes de 1,9 t. La charpente pèse 9 t de métal, et une zone de retournement a été prévue dans l’angle du bâtiment. Le relevé de la façade a été réalisé par un géomètre, avec un scan complet en 3 D pour positionner précisément toutes les extrémités des consoles de structure du bâtiment. La première phase a consisté à cheviller des escaliers sur ces consoles, puis les passerelles. Trois kilomètres de galeries ont été posées le long des deux façades du bâtiment. Un deuxième scan a été passé après la pose des aciers, et avant la commande des profilés en aluminium et des verres. Le chantier a été réalisé par bandes verticales, en commençant par l’angle pour avancer sur les deux façades en même temps (sud-est et sud-ouest). Les éléments ont été prémontés pour limiter le bruit. »
Grâce à une mise en œuvre par étapes, les occupants ont pu apprécier progressivement les bénéfices de cette nouvelle façade. Les vitrages filtrent la lumière et leur permettent de conserver les stores ouverts et de profiter de l’éclairage naturel. Au-delà du confort, les vitrages clairs et sérigraphiés dynamisent la façade par des jeux d’ombre et de lumière. D’une teinte neutre, ils reflètent les couleurs changeantes du ciel et donnent vie à cet écrin de verre.