À partir des années 60 et jusqu’aux années 80, de nombreux bâtiments de haut standing ont été équipés de fenêtres en aluminium ; ceci tant dans le secteur résidentiel, que dans le secteur tertiaire. Cependant, la haute conductivité thermique de l’aluminium posé dans ces années-là, qui équivaut à un lambda (valeur de conductivité thermique) de 200 W/(m2.K), n’a que très peu été prise en compte à l’époque et les bâtiments d’alors nécessitent aujourd’hui une rénovation thermique.
L’entreprise allemande Aluthermic GmbH propose une méthode de rénovation pour les éléments de façade en aluminium, sans passer par le remplacement des menuiseries.

Une réduction jusqu’à 70 % de la perte de chaleur

Le procédé de l’entreprise consiste en l’application d’une coque spéciale sur les éléments en aluminium à isoler. Cette coque est composée de 30 mm de matériau isolant et recouverte d’une plaque d’aluminium de 3 mm d’épaisseur. Placé sur les battants de fenêtres puis fixé au dormant, à l’aide de vis à tête fraisée en acier inoxydable, ce système garantit une isolation thermique par l’extérieur simple et efficace : nul déménagement, pas de perte de surface habitable et surtout une réduction jusqu’à 70 % de la perte de chaleur. Tout comme après l’installation d’une nouvelle façade, cette méthode assure par ailleurs l’étanchéité des éléments. Le procédé Aluthermic garantit ainsi la suppression des infiltrations d’air ou d’eau de pluie, et évite la formation de condensation.

Mousse isolante au coefficient de conductivité thermique de 0,032 W/(m2.K)

Pour la première fois dans le secteur de la construction, un matériau isolant est également utilisé comme joint d’étanchéité. Ceci est possible grâce à l’utilisation d’une mousse isolante à cellules fermées, disposant d’une faible masse volumique. Cette mousse isolante, qui dispose d’un coefficient de conductivité thermique de seulement 0,032 W/(m2.K), obtient sa capacité d’étanchéité grâce à une légère compression de la matière, à la fois dans la coque en aluminium et contre la surface qui doit être rendue hermétique.
En plus de l’amélioration de la valeur de conductivité thermique, les battants de fenêtres sont rendus hermétiques au vent et à l’air, grâce au fait que le matériau isolant soit pressé contre la surface du cadre de la fenêtre. Ce qui permet d’at- teindre un tout nouveau niveau d’étanchéité. Les pares-tempête sont retirés et un trou est creusé dans la mousse isolante, de façon à ce que l’eau continue à s’écouler le long du rebord de fenêtre et ne puisse s’infiltrer dans les battants.
Les personnes travaillant ou vivant dans des locaux ayant été rénovés au moyen de ce nouveau procédé, constatent ainsi que les cadres de fenêtres restent parfaitement secs et, pour les locaux situés à proximité de rues agitées, une nette réduction des bruits provenant de l’extérieur. En plus d’une amélioration en termes d’isolation thermique, la qualité de l’isolation acoustique est donc également augmentée.

Isolation et étanchéité : aussi pour les façades à montants et traverses

Pour ce qui est de l’habillement des façades, les constructions élaborées sur la base d’un système de profilés verticaux et horizontaux (montants et traverses), y compris les balustrades, peuvent également être isolées et rendues étanches. Le procédé est d’autant plus pertinent quand l’ancien vitrage a déjà été remplacé.
La même mousse aux propriétés isolantes est pressée contre les éléments à isoler. Un léger espace est prévu lors de l’installation des profilés. Cet espace permet en effet à la mousse de se dilater ou de se rétracter sous l’effet des variations de température, en suivant les mouvements du bardage ; ceci afin que l’étanchéité des éléments de façade ne soit pas remise en cause. Les risques de fuite sont ainsi évités. La mousse dispose par ailleurs de propriétés lui permettant de faire partie de la classe de résistance au feu A1 en Allemagne, qui correspond à la classe française M0 : composée de céramique, elle est incombustible et ininflammable. Les coûts additionnels nécessaires pour assurer l’étanchéité des fenêtres et éléments de façade, en plus de l’isolation, sont ainsi supprimés. Ce principe, quoique très simple, a pu prouver son efficacité au cours des sept dernières années durant lesquelles des objets ont été rénovés grâce à cette solution.

Possibilité de choisir la forme de la plaque de recouvrement

Les anciens immeubles de bureaux disposent souvent d’une façade au bardage marron foncé. Les critères esthétiques ayant évolué, ce qui était tendance à l’époque est malheureusement devenu une contrainte, voire un frein, à la location de ces bâtiments de nos jours.
La solution de l’entreprise Aluthermic permet également de remédier à ce problème, puisque la couleur des plaques d’aluminium recouvrant la mousse isolante peut être choisie librement. Par ailleurs, la variété des façades rencontrées ne représente aucun obstacle pour l’isolation de façades à l’aide du procédé développé par Aluthermic. En effet, la coque est fabriquée sur mesure et l’entreprise donne la possibilité à ses clients de choisir la forme de la plaque de recouvrement.

L’exemple d’un chantier de 1 400 m2 de surface vitrée

La capacité d’adaptation de ce système d’isolation a pu prouver son efficacité après son installation dans un immeuble de bureaux de plus de 9 000 m2 de surface. En 2011, près de 1 400 m2 de surface vitrée de cet immeuble avait été changée. Cependant, l’humidité relative de l’air continuait à s’infiltrer et à condenser dans les parties intérieures des cadres en aluminium ; et ce, avec toutes les conséquences négatives que cela implique.
La solution d’Aluthermic a donc été étudiée pour pallier les divers problèmes. Ce projet d’isolation présentait cependant un défi : celui de réaliser la rénovation thermique sur des fenêtres équipées de brise-soleil orientables, sans pour autant entraîner des coûts élevés. « Étant donné la contrainte posée par les volets, nous avons dû réfléchir à une solution adaptée » explique Anselm Lischka, fondateur et dirigeant d’Aluthermic. « C’est ainsi que le procédé a été utilisé comme méthode d’isolation par l’intérieur. Ça nous a permis d’éviter le démontage et la réinstallation des systèmes de protection solaire, et donc l’économie de plusieurs centaines de milliers d’euros pour le propriétaire de l’immeuble », poursuit Anselm Lischka.
Les coques remplies de mousse isolante ont ainsi été installées sur tous les profilés aluminium intérieurs des surfaces vitrées, y compris sur les parcloses.

L’entreprise se tourne vers le marché français

En associant ainsi la possibilité d’offrir aux bâtiments une toute nouvelle esthétique correspondant à des critères plus actuels et une nette amélioration de l’isolation thermique, de l’isolation acoustique et de l’étanchéité des bâtiments, le tout avec des travaux peu contraignants et peu coûteux, le produit développé par la PME allemande est une solution qui mérite d’être considérée : il facilite la location, permet de réaliser des économies d’énergie et d’atteindre un ROI en seulement six à dix ans. Une période d’amortissement de seulement cinq à sept ans est également possible pour les bâtiments équipés de systèmes de climatisation, dont la consommation énergétique grimpe en été en partie à cause du réchauffement des profilés en aluminium.
À noter que le coût total de la réalisation d’une rénovation thermique à l’aide de cette technique atteint seulement de 35 à 60 % des coûts associés à une rénovation impliquant l’échange des éléments de façade.
« Si en Allemagne, Aluthermic a déjà fait ses preuves et son produit continue à assurer ses fonctions de façon efficace, même après plusieurs années, poursuit Anselm Lischka, nous comptons maintenant nous lancer à l’assaut d’autres marchés européens. Nos cibles privilégiées ? Les locaux commerciaux en Suisse, en Autriche et en France », conclut le dirigeant d’Aluthermic.